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L’insondable fumisterie des sondages…

sondageDepuis une quarantaine d’années, les instituts de sondage font la pluie et le beau temps dans tous les médias et prétendent définir des « majorités de pensée ».

Les français penseraient ceci ou cela…

Ils sont sommés de se prononcer sur le bien-fondé de la limitation de vitesse à 80 sur les départementales ou sur les bienfaits du cannabis dans les services de soins palliatifs. Ils seraient majoritairement pour ou contre le mariage pour tous, la vaccination des nouveaux-nés, le droit à l’euthanasie, à l’avortement, à la procréation assistée, à telle ou telle politique relative à l’immigration, les jeux olympiques à Paris en 2024, le maintien de Christine Angot dans « On n’est pas couché » à la prochaine rentrée, les seins nus sur les plages, cet été encore, le port de caleçon pour les hommes (faut-il préférer les boxers ?), les tatouages pour les femmes (est-ce que ça ne fait pas trop vulgaire ?), la campagne, la montagne ou la mer pour les vacances, récurrent dilemme, la réforme de la SNCF, la retraite à 67 ans, le tout-nucléaire ou les énergies alternatives, le glyphosate, oui ou non, trop de mosquées en France ou pas assez, un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable une fois ou un septennat unique… Ouf !

Bref ! Les français devraient avoir un avis sur tout et n’importe quoi, en permanence et spontanément, alors qu’ils sont, pour la plupart, tout bonnement infoutus de saisir la question qui leur est posée. Comment, en effet, répondre sensément, dans l’instant et de façon binaire, oui, non, à une question telle que celle de la transition écologique, par exemple, quand on ne sait rien des enjeux et des perspectives que cela implique ? Et qu’on s’en fout, qui plus est ! Quand on est davantage préoccupé par le jeu de jambes de Kylian Mbappé que par le réchauffement climatique, quelle légitimité peut-on avoir dans le débat public ? Et pourtant…

Et pourtant, tous ces gens contribuent à former ce qu’on appelle l’opinion. Bien sûr, il y a dans ces panels consultés et scientifiquement sélectionnés, nous dit-on, des individus aptes à donner une réponse judicieuse à une question, le plus souvent, très fermée. Soit pour dire un « oui » ou un « non » issu d’une réflexion antérieure ou soit, en toute honnêteté intellectuelle, pour dire « je ne sais pas » quand la question leur est étrangère. Mais combien sont-ils sur 1000 ou 1200, c’est l’échantillonnage le plus pratiqué, à être suffisamment avisés pour refuser de répondre par l’affirmative ou la négative à une question à laquelle, ni de près, ni de loin, ils n’ont jamais réfléchi et qui, par conséquent, sont, sur le sujet, incompétents ? Peu… Très peu, m’est avis. En réalité, le seul vrai sondage utile serait celui qui pourrait déterminer la crédibilité des sondés dans les sondages, précisément. Mais autant, pour les instituts de sondage à but exagérément lucratifs, se tirer une balle dans le pied…

C’est la loi du genre, n’importe qui est invité à dire n’importe quoi sur à peu près tout, en toute méconnaissance de cause, et, le pire, c’est qu’on a la prétention d’en tirer des tendances, des enseignements !

Mais il y a le pire du pire ! Ces sondages d’opinion viciés définissent dans l’inconscient collectif, comme on dit, même si la formule est éculée, ce qu’il est bon et juste de penser en excluant toute autre forme de raisonnement contradictoire, iconoclaste. Autrement dit, si tu ne te rallies pas à l’opinion générale, tu es marginalisé et tu as toutes les peines du monde à défendre ton point de vue original. En vrai, les sondages sont les barbelés de la pensée commune. Ils protègent les imbéciles et dissuadent les libres-penseurs…

Il y a un parallèle évident entre la généralisation des sondages et le système démocratique que nous connaissons tous en France, comme ailleurs. Mais c’est un autre débat et, peut-être, l’objet d’une autre chronique…

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80 kms/heure, prévention ou forfaiture ?

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Dans une huitaine de jours, la limitation de vitesse sur les routes bidirectionnelles et sans barrière anti-franchissement médiane, soit la quasi-totalité du réseau routier hors agglomérations et autoroutier, sera effective. On passera de 90 à 80 kilomètres/heure. Bien…

Sur quoi exactement repose cette nouvelle Loi du Code de la route ?

Il serait établi que la vitesse excessive sur les départementales, une bonne partie des nationales, et toutes les communales, serait la cause première des accidents de la route et d’un nombre croissant de tués. A priori, ça peut se concevoir et l’on se laisserait presque convaincre. Après tout, quoi de plus louable pour un État que de vouloir protéger ses citoyens et leur épargner les drames liés à la vitesse ?

Sauf que, sauf que… À y regarder de plus près, ça ne paraît pas aussi limpide. Cette nouvelle mesure est censée être motivée par les conclusions de l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière). Une institution on ne peut plus officielle puisqu’elle dépend du Ministère de l’Intérieur. Et voici ses conclusions :

« Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité routière, une expérimentation de diminution de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h sur quelques itinéraires de routes nationales bidirectionnelles a été décidée. Cette expérimentation s’est déroulée sur la RN7 dans la Drôme (26), la RN57 dans la Haute-Saône (70) et la RN151 dans l’Yonne (89) et la Nièvre (58).

L’analyse des résultats des mesures des vitesses observées montre que la baisse de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h a engendré une baisse moyenne des vitesses pratiquées pour tous les véhicules de 4,7 km/h (C’est tout ! NDLR...). Cette baisse, sur tous les tronçons, concerne tous les usagers.

Aussi, un suivi de l’accidentalité sur les tronçons de l’expérimentation a été réalisé par l’ONISR. Le bilan affiche une tendance positive, mais les nombres d’accidents considérés étant peu élevés, la baisse de l’accidentalité observée n’est pas statistiquement significative ».

Ainsi, la vitesse maximale passera de 90 à 80 km/h sur la plus grande partie du réseau routier, qu’il soit en bon état ou pas et quelle que soit sa configuration (lignes droites en plaine ou, au contraire, tracés de montagne, visibilité ou non, etc…) sans qu’il y ait la moindre preuve statistique de la corrélation entre la diminution de la vitesse et l’accidentologie.

La vérité est donc ailleurs…

On est tentés… Oui, dès lors, on est tentés de de voir dans cette nouvelle Loi du Code de la route, venant s’ajouter à toutes celles existantes et aussi coercitives les unes que les autres, des motivations bien moins altruistes que celles affichées par le gouvernement. Au contraire, il semble bien que cette limitation à 80 km/h soit le moyen pour l’État d’augmenter encore et très sensiblement le rendement des radars déjà installés (4450 !) et qui, à l’avenir, devraient être progressivement remplacés par des modèles à double sens (journal Les Échos, 24/05/18). Bingo !

Les recettes générées par les radars automatiques étaient de 740 millions d’euros en 2014, 789 en 2015, 920 en 2016 et de 1 milliard et 13 millions en 2017. Une croissance à faire pâlir de jalousie n’importe quelle entreprise privée, non ? Et, dans le même temps, l’ONISR, encore lui, constate une augmentation du nombre de tués sur la route de 18,1% en Avril 2017 par rapport à Avril 2016. Autant dire, que la répression routière en terme de résultats n’est pas vraiment efficiente.

Qu’importe ! Comme il est dit dans la vidéo, même si le gouvernement nous ment de façon éhontée et que ses cupides desseins sont mis au jour, l’automobiliste moyen sera de plus en plus pressuré et en proie à une permanente anxiété chaque fois qu’il prendra le volant pour aller d’un point A à un point B.

Car, il n’y a pas seulement les limitations de vitesse devant être respectées à 5 kms/h près, encore faut-il être à jeun, ça va de soi, avoir mis sa ceinture de sécurité et s’être assuré que les enfants l’ont mise à l’arrière, avoir fait faire le contrôle technique biannuel (de plus en plus exigent et, donc, de plus en plus onéreux, soit dit en passant…), ne pas avoir de portable à portée de main, ne pas manger ni boire en conduisant, avoir tous ses papiers (permis, assurance, carte grise) en cours de validation, là, maintenant, au moment du contrôle de police, ne pas conduire en tong, avoir vérifié, avant de prendre la route, que les stops, les feux de position et d’éclairage, les clignotants sont opérationnels, avoir regonflé ses pneus à la bonne pression, ne pas avoir surchargé son véhicule lors d’un départ en vacances, respecter tous les panneaux de signalisation, même les plus ineptes… Bref ! La liste des infractions potentielles n’est pas exhaustive mais c’est autant de prétextes pour être verbalisé par un policier ou un gendarme zélé. Rouler aujourd’hui reviendrait presque à connaître les mêmes frayeurs qu’Yves Montant dans le « Salaire de la peur », pour ceux qui s’en souviennent.

Il faut une conclusion même si le sujet n’est pas épuisé, loin de là…

Elle est simple et cruelle. Bientôt, seuls les plus nantis pourront se payer le luxe de se déplacer en voiture. Car ils auront les moyens financiers pour avoir un véhicule irréprochable, ils pourront se permettre de régler sans douleur leurs contraventions, faire le plein sans regarder à la dépense, ils pourront récupérer leurs points de permis dans des stages hors de prix et, en cas de grosse infraction, ils pourront même se payer un bon avocat pour être, au bout du bout des procédures, tiré d’affaire. Les autres n’auront qu’à se démerder.  La Loi est la même pour tous, pas vrai ?

Au fond, cette nouvelle Loi n’est qu’une illustration de plus de la rapacité insondable des gens qui nous gouvernent et de leur profond mépris de classe…

 

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Mieux que la censure, l’autocensure…

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censeur

Oubliez l’image du censeur en blouse grise et aux doigts tachées d’encre, fonctionnaire d’État au service de la pensée moralisatrice, caviardant ou cisaillant avec délectation les publications littéraires ou de presse, jugées irrecevables, dans les combles d’un bâtiment ministériel ! C’est fini, tout ça !

On nous le dit et le répète chaque jour, les libertés fondamentales de liberté de pensée et d’expression sont garanties par la Constitution française. Est-ce qu’on n’autorise pas la subversive Anne Roumanoff à critiquer vertement Macron chez Drucker sans qu’elle soit le moins du monde inquiétée ? C’est pas une preuve ça ?

En vérité, la nouvelle censure avance depuis longtemps le visage masqué et, ce, dans l’indifférence quasi-générale. Ceci, d’ailleurs, expliquant cela.

Pour tout ce qui est relatif aux mœurs, aux rapports sociaux, le « politiquement correct » (voir mon article du 15/05/18) a fait son œuvre. Tant et si bien qu’aujourd’hui l’autocensure interdit, de facto, nombre de conflits potentiels. Autrement dit, sous peine d’être conspué, voire condamné, par la pensée dominante, mieux vaut en dire le moins possible ou de la façon la plus édulcorée qui soit sur les sujets qui fâchent. La religion, le communautarisme, le sexe, l’argent, etc…

En revanche, face à l’acuité, la pertinence et l’impertinence d’un certain journalisme d’investigation, alimenté par un nombre croissant de « lanceurs d’alerte », le Capitalisme se devait de réagir et de légiférer. Ou plutôt de faire légiférer ses amis objectifs de l’Assemblée Nationale et du Sénat. C’est cette Loi sur le « Secret des affaires » votée en mars dernier et soigneusement épluchée dans la vidéo ci-dessus. Ainsi, nul ne pourra plus dénoncer publiquement les petites combines, les malversations, les pratiques douteuses et/ou nocives des entreprises sans risquer d’encourir de lourdes peines financières et/ou carcérales.

Mais, là encore, cette censure ne dit pas son nom ! Cette Loi est vendue au citoyen comme un outil garantissant aux entreprises et surtout aux multi-nationales d’être mieux défendues face à la concurrence des prédateurs étrangers. Et donc de favoriser la croissance de l’économie française, et donc de conserver les emplois, voir d’en créer, et donc de faire diminuer le chômage et gna gna gna et gna gna gna… Bref, le sempiternel argumentaire, l’écran de fumée habituel, pour cacher le vrai, le seul, mais inavouable dessein du capitalisme. En substance, celui de permettre aux riches, au pire, de le rester et, au mieux, de l’être davantage à l’avenir. Car, il ne s’agit que de ça ! De fait, il est impossible de s’enrichir outrageusement sans s’affranchir, peu ou prou, à un moment ou à un autre, des obligations légales ou morales imposées à tous. C’est incontestable. Qu’on me prouve le contraire… Et c’est cette vérité qu’il faut taire et faire taire ceux qui seraient tentés de la faire parler.

Il est fort probable que la presse, dans son ensemble, déjà muselée par les grands groupes financiers qui la possèdent, intégrera ce nouveau paradigme que représente cette Loi sur le « Secret des affaires » et qu’elle se montrera encore plus timorée demain qu’elle ne l’est aujourd’hui. Autrement dit, elle s’autocensurera un peu plus rendant ainsi le concept même de censure caduc, désuet, nul et non avenu. Car, ce n’est pas tant devant les tribunaux que le Capital veut exercer sa domination mais bien davantage dans les esprits.

 

 

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Tu causes globish ?

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Le « Globish« , c’est la contraction de ces deux mots, « Global english ». Une « Novlangue » dont le concept avait déjà été imaginé par George Orwell dans son célèbre roman « 1984″, souvenez-vous.

La pratique du globish répond d’abord à une exigence, celle de la mondialisation. Ben oui… Par exemple, un commercial d’une entreprise française à vocation internationale, qui sillonne le monde pour vendre ses produits, doit se faire comprendre par les décideurs étrangers le plus efficacement et le plus rapidement possible. Auquel cas, il ne s’embarrasse pas de métaphores, d’allégories, de métonymies, de périphrases, d’antonomases, d’épanadiploses, d’euphémismes, de litotes (à ne surtout pas confondre avec l’euphémisme !), d’oxymores, de chiasmes (oh, le vilain mot !), de paradoxes, d’hyperboles… et autres figures de style qui enrichissent l’art du discours.

Je ne vais pas vous mentir, je ne veux pas faire le « quéqué » (une apocope !), sur les douze procédés rhétoriques que je viens de citer, je n’en connaissais qu’un sur deux. Alors, tout ça pour dire quoi, pensez-vous… J’y viens.

Dans la vidéo (2 mn 47), ci-dessus, Barbara Cassin, philosophe, dénonce principalement la suprématie grandissante du globish sur toutes les autres langues qu’elles soient françaises, allemandes, espagnoles, chinoises… et même, paradoxalement, anglaises. Ces langues originelles, avec leur richesse, leur diversité, leur inventivité propres, pouvant être à terme réduites à des dialectes que l’on pratique en famille ou dans l’alcôve.

On pourrait alors, c’est moi qui l’ajoute, parler de « génocide linguistique », toute comparaison gardée, ça va de soi, avec les génocides au sens littéral du mot. Ce danger existe réellement ! Et il n’est pas tant dû à l’usage généralisé du globish par les affairistes qu’à son adoption par une proportion croissante des français, y compris comme outil de communication quotidien et privé, et surtout par les jeunes. Il suffit d’écouter leurs conversations à la sortie du lycée pour s’en convaincre. Leur langage est de plus en plus émaillé de mots anglais, d’anglicismes ou de néologismes d’inspiration anglo-saxonne, sans même qu’ils en aient conscience, et, dès lors, on est pas très loin du globish.

Ce n’est pas évoqué dans la vidéo mais il y a un dommage plus… culturel dans la propagation exponentielle de ce jargon universel. À la louche, le globish se résume à 1500 mots. 1500 mots, ça peut suffire, en effet, pour persuader un distributeur chinois d’acheter des dizaines de caisses d’un grand cru bordelais. On peut même la fermer et simplement lui faire goûter. Mais quand il s’agit d’écrire une lettre d’amour, d’évoquer ses état d’âme, d’avoir une conversation politique, philosophique avec un ami, de s’exprimer en public pour défendre un point de vue, de raconter vos dernières vacances aux Caraïbes dans l’espoir de faire appréhender votre enthousiasme par votre auditoire… Alors là, alors là, (épanalepse ?) ce n’est pas la même la même cantine… Dans toutes ces occasions qui représentent les vrais moments de vie et d’échanges, ceux qui n’ont rien à voir avec de basses transactions mercantiles et qui nous élèvent, au contraire, au rang de dignes êtres humains, les subtilités et les complexités de la langue sont indispensables…mieux… essentielles !

La « Novlang » (Newspeak, en anglais), dans l’esprit de George Orwell (« 1984″, je le rappelle…), c’était l’idée selon laquelle plus on réduit le vocabulaire d’une langue, plus on esquiche ses finesses et ses interactions conceptuelles, moins les gens sont enclins à l’abstraction et, donc, à la réflexion. Et un peuple qui ne pense pas est un peuple soumis.

Quand la réalité singe la fiction… Aujourd’hui, « Big Brother », c’est « l’Oncle Sam » et la « Novlang », c’est le « Globish ».

Pétrifiant, non ?

 

 

 

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Un « village gaulois »…

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Je viens de visionner cette vidéo et j’ai versé une larme. Même deux…

Ce combat inégal entre la force publique suréquipée (des Robocops !), légitimée par les derniers suffrages, et cette poignée de militant(e)s aux mains nues, abandonnée par l’opinion, a quelque chose de tragique, d’épique, d’émouvant. David contre Goliath, quoi… Pour tout dire, c’est profondément triste car on connaît, dès le début, l’issue de ces épopées modernes. La Loi du plus fort, même inique, même foncièrement crétine, l’emporte fatalement…

La ZAD de Notre Dame des Landes est un des villages gaulois (comme la « ferme des bouillons », près de Rouen, ou le « barrage de Sivens, pour ne citer qu’eux….) que le pouvoir jupitérien a décidé de rayer de la carte. Ainsi, deux mille ans après l’hégémonie romaine, la toute puissance de l’État français peut, en 2018, contraindre par la force les gens à se comporter selon les normes établies par le Capital. Autres temps, autres moeurs, certes, mais le résultat est le même. Dans l’empire de César comme dans la France de Macron, on ne veut voir qu’une tête. Une bonne tête de bon citoyen travailleur-consommateur qui ne s’embarrasse pas de considérations politiques, philosophiques ou écologiques alternatives et qui paie ses impôts et ses taxes sans rechigner, en temps voulu.

Ils ne demandaient pourtant pas grand-chose, les zadistes ! Ils voulaient juste explorer, expérimenter une autre façon de vivre, une autre façon d’être. Rien de plus ! Ce ne sont pas de dangereux terroristes ! Ce ne sont même pas des révolutionnaires. Ils n’ont aucune velléité, d’aucune sorte, de renverser l’État, de prendre le pouvoir !  Non ! Ils veulent seulement qu’on leur foute la paix et qu’on les laisse mener leur petit bonhomme de chemin qui n’est pas, c’est vrai, forcément… balisé. Et bien, même ça, ce n’est pas possible !

La métaphore du village gaulois pour la Zone À Défendre de « Notre Dame des Landes » peut également être convoquée pour tout mode d’expression ou de revendication non-conformiste, invalidée par le pouvoir. Depuis tellement longtemps, combien d’autres villages gaulois de la pensée subversive, iconoclaste, inventive, créatrice, sont néantisés au nom de la bienpensance dominante sans que personne ne s’en émeuve ?

Autrement dit, aujourd’hui, comme bien avant-hier, il ne fait pas bon de penser ailleurs…

 

 

 

 

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Le « politiquement correct »…

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On n’en peut plus ! On étouffe ! Assez !

Le politiquement correct, hérité une fois encore de la culture anglo-saxonne et de l’impérialisme étasunien (même si la locution peut à certains paraître surannée, je la maintiens…), a envahi, sclérosé, notre parole et, pire, notre pensée.

Dans cette vidéo, Blanche Gardin, en bon petit soldat de la libre expression, dénonce, à l’occasion des Césars 2018, avec humour et intelligence, l’absurdité de ce dogme devenu universel.

Oui… Bien sûr ! Le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, l’homophobie, le sexisme, le harcèlement moral et/ou sexuel, les discriminations de toutes sortes affichées ou cryptées, et j’en passe, doivent être dénoncés, combattus et justement réprimés dans le cadre de la Loi ! Mais bon, ça va… Point trop n’en faut ! Cette bienpensance tellement consensuelle ne doit pas, pour autant, occasionner une forme généralisée de censure, voire, pire, d’autocensure. Et pourtant, nous y sommes…

Aujourd’hui, on ne peut critiquer la politique du gouvernement israélien dans les territoires occupés de la Palestine sans être infailliblement taxé d’antisémitisme. On ne peut davantage s’insurger contre le port du foulard des femmes musulmanes dans les lieux publics, au nom de la laïcité républicaine, sans passer pour un méprisable islamophobe.  Faire le simple constat que la petite délinquance de rue est essentiellement attribuable aux jeunes d’origine maghrébine et noire-africaine, pour les raisons objectives de basse politique de ghettoïsation et de paupérisation que l’on sait et contre laquelle il faut lutter, fait de vous le plus haïssable des racistes. Enfin, mais je suis loin d’être exhaustif, émettre un doute, même mesuré, même feutré, quant à la sincérité de certaines starlettes de cinéma qui profitent du scandale « Weinstein », parfois dix ou quinze ans après les faits présumés, pour s’ériger en victime d’agression sexuelle réclamant réparations sonnantes et trébuchantes, vous relègue au rang des plus odieux sexistes.

Entendons-nous bien... Les propos racistes, antisémites, homophobes, etc… sont insupportables et condamnables, ça va de soi ! Ai-je besoin de le répéter ? Non, ce que je dénonce, c’est ce couvercle sémantique, rhétorique du politiquement correct qui n’étouffe pas seulement les idéologies et les croyances indignes mais également l’expression du bon sens, d’une vérité, de la contradiction, de l’humour et de la subversion…

On l’entend dire très souvent… Comme s’il s’agissait d’une époque révolue, avec un accent de nostalgie dans la voix, certains journalistes ou animateurs de télé posent régulièrement cette question aux jeunes humoristes : « Est-ce que l’impertinence, la provocation, l’irrévérence d’un Desproges, d’un Coluche, ou bien encore d’un Le Luron (même si ça n’a jamais été mon préféré…) seraient encore possibles aujourd’hui ? » Pour ceux qui les connaissent, la réponse est invariablement négative. Toutefois, ils ajoutent, parce qu’après tout ils ne sont pas comptables des évolutions politiques et sociologiques passées et présentes, et on les comprend, que d’autres formes d’humour sont de nos jours permises. C’est juste. L’humour est tellement segmenté et ciblé aujourd’hui (les dix/quinze ans, les filles/les garçons, les noirs/les blancs, les citadins/les ruraux, les hommes/les femmes, les électeurs du centre droit/les électeurs du centre gauche, les jeunes/les vieux…) qu’il ne peut heurter que ceux qui se sont égarés par distraction sur une chaîne télé, une radio, un réseau social qui ne leur était pas destiné.

C’est une autre stratégie du politiquement correct. Il ne se contente pas d’abraser toutes les aspérités, les pensées et les concepts subversifs à l’aide d’une grande toile émeri consensuelle, il les disperse, les sépare, les atomise, aidé en cela par la multiplicité des canaux médiatiques. L’idée étant, qu’au nom de la liberté d’expression, qu’il ne s’agit surtout pas de remettre frontalement en cause, mieux vaut permettre à une minorité de dire ce qu’elle veut en faisant en sorte qu’elle ne soit pas entendue par la majorité.

C’est vrai dans le domaine de l’humour mais aussi dans celui de la politique. Ainsi, il y aurait, en France, les partis politiques labellisés, estampillés, convenables, acceptables, LREM, LR, le PS, le MODEM (si tant est qu’il existe encore… Perso, je n’ai pas de nouvelles de Bayrou. Et vous ?) et les autres partis dits « populistes », FN et les Insoumis (cependant aux antipodes idéologiquement, va comprendre Charles…), par exemple, qui décidément ne sont pas vraiment… politiquement corrects et qu’il faut, par conséquent, discréditer, marginaliser, ostraciser.

Ainsi, il y aurait les gentils et les méchants, les justes et les salauds, les responsables et les irresponsables, dans le monde merveilleux du « Politiquement  Correct ».

Pffut ! C’est tellement plus compliqué que ça ! Et c’est tellement… TANT MIEUX ! Avoir conscience de cela, c’est se prémunir contre l’ennui mortel du « Politiquement correct »…

 

 

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« Black bloc »…

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Ce sont les images diffusées en boucle sur les chaînes d’infos continues depuis deux jours. Le genre d’images secrètement espérées par BFM TV, LCI, et tous les JT pour booster leur audimat et, par conséquent, vendre à prix fort les spots publicitaires aux annonceurs. Business is business… C’est ainsi. Rien de nouveau sous le soleil. On sait tout ça. Je défonce des portes ouvertes, je vous l’accorde.

Moi, ce qui m’intéresse, c’est de savoir qui sont vraiment ces gens. J’ai ma petite idée et je vous la livre.

Les Black blocs défraient la chronique, selon la formule consacrée, depuis une vingtaine d’années maintenant. On les voit régulièrement dans les manif’s, en France et un peu partout en Europe mais pas seulement, ou à l’occasion des grands-messes des G8 ou G7, c’est selon, réunissant les plus grandes puissances économiques de la planète, ou des Forums Économiques Mondiaux de Davos pendant lesquels les plus riches des plus riches se racontent des histoires de riches.

Ils sont unanimement condamnés par les autorités étatiques et par les médias en général. On ne trouve pas de mots assez durs pour qualifier leurs exactions. Ils ne seraient que des délinquants, des voyous, des casseurs, des empêcheurs de manifester en rond (j’y reviendrai). Ils seraient d’extrême-gauche. Voire, d’ultra-gauche ! Mazette ! Le stade suivant sera Hyper-gauche, on prend le pari ? D’autres commentateurs zélés, en mal de qualificatif et ne reculant devant aucun pléonasme, prétendent même qu’ils sont anarcho-libertaires. C’est vrai que ça tape plus qu’anarchiste ou libertaire tout court dans les chapeaux des éditos. Bref ! Personne ne sait qui ils sont et, surtout, personne ou presque ne veut le savoir.

C’est tout con… Ces Black blocs dépassent l’entendement de ceux qui gouvernent et de ceux en charge de commenter la gouvernance de ceux qui gouvernent. À l’ÉNA, à Science-Po, à l’ÉSJ (École Supérieure de Journalisme), on n’apprend pas ça. On sait ce qu’est un syndicat, oui ! Une association, une plate-forme de revendications, une grève avec préavis légal de cinq jours, une manifestation autorisée par la Préfecture, un débat contradictoire cadré, mais néanmoins courtois, à la télé dans une émission politique « bon teint » de Léa Salamé, de David Pujadas ou de Laurent Delahousse… Oui ! Tout ça, on le sait ! On a même appris, avec toute l’hypocrisie et la malhonnêteté intellectuelles dont on est capables, à l’ignorer tout en feignant d’y attacher le plus grand intérêt. Tout ça, l’élite politico-médiatique l’a intégré. Elle sait gérer. C’est comme dans les livres, sur toutes les tablettes, et les cours des professeurs dans les amphis. Bien…

De même, les organisations syndicales, tellement habituées à défiler tranquillement et réglementairement dans les rues avec des slogans rebattus dans une atmosphère de fumigènes et de merguez-frites, sont complètement déboussolées ! On les empêche de manifester en rond !

Mais, quand il s’agit d’être confronté à des individus masqués sans foi ni loi, qui sortent de nulle part, qui ne présentent aucun cahier de doléances, qui ne demandent aucun entretien avec tel ou tel Ministre ou Secrétaire d’État, qui refusent tout contact avec la presse, et qui n’ont d’autre objectif que de s’attaquer physiquement aux symboles matériels de l’État et du Capital, alors là, alors là… il n’y a plus personne. Ce n’est pas dans les logiciels, bien formatés dans les grandes écoles, de l’élite bourgeoise qui prône le consensus, la paix civile et sociale, pourvu qu’elle conserve, voire accroisse, ses privilèges. Et pas davantage dans les formations syndicales ouvrières basées sur les rapports de force du 19ème siècle. Dès lors, l’alternative, c’est de diaboliser, de discréditer, de mentir, d’interdire, et de de punir. Quand on ne comprend pas, bien souvent, on frappe…

En réalité, ces jeunes encagoulés, idéologiquement, ont d’illustres prédécesseurs. Je pense à Michel Bakounine, Pierre-Joseph Proudhon, Louise Michel, Guy Debord… les théoriciens de l’anarchisme et du situationnisme. Mais aussi à Sacco et Vanzetti, condamnés injustement à mort dans les années 1920, aux États-Unis, parce qu’ils étaient anarchistes  ! Et même à Jules Bonnot, Bonnie et Clyde Barrow,  pour l’anarchisme violent et meurtrier et… sans théorie. Toutes ces références, même si elles ne sont pas citées par ces trublions (et pour cause ! Ils refusent de s’exprimer), sont bel et bien inscrites dans leur mémoire collective. Alors, c’est vrai, elles ne sont pas bien agencées, sériées, dans leur esprit. Pour tout dire, elles sont rangées de façon… anarchique.

Comme leurs pères, les Black blocs ont compris au moins ceci. À la violence sociale, quotidienne, de l’État et, corollairement, du Capital, ne peut être opposée que celle de la rue. Comme beaucoup d’entre nous qui refusons de l’admettre ouvertement, ils pensent que nos démocraties policées ne répondent plus aux grands enjeux sociaux, écologiques et humanitaires de notre époque. Ils refusent tous les compromis car, à leur sens, ils aboutissent fatalement à des compromissions. Ils ne discutent plus, ils agissent. Ils ne dialoguent plus, ils cassent. Et après ?

Après, est-ce que c’est la bonne option et est-ce que ça peut faire avancer le schmilblick ? Rien n’est moins sûr. Mais, peut-être… Qui peut savoir ?

En attendant, restons calmes… Les Black Blocs, à ma connaissance, n’ont jamais causé la mort de qui que ce soit. Ce 1er Mai, ils n’ont détruit que la façade d’un Mac Do, une ou deux bagnoles et la vitrine d’une banque, entre autres… Et, tous ces dommages seront, bien évidemment, indemnisés par les assurances des uns et des autres. Et personne ne sera lésé. Alors, pas de panique…

N’empêche, si ultra-minoritaires et vains qu’ils fussent, ces messages devraient être sérieusement considérés par les citoyens, en général, et par l’État, en particulier. La violence est toujours le symptôme d’un mal qui ronge…

 

 

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La pensée unique…

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Cette formule, la pensée unique, est une tarte à la crème que les politiciens de droite ou de gauche, si tant est que cette bipolarisation soit encore pertinente, se sont, les uns et les autres, régulièrement envoyés en pleine figure depuis les années 90.

Chacun, de Marie-George Buffet (Parti communiste), à Jean-Marie Le Pen (Front national), à Nicolas Sarkozy (Heu… ch’ais pas. À droite, à coup sûr…), en passant par Jacques Chirac (Centre droit à géométrie variable…) en avait sa propre interprétation. Les uns pour dénoncer la supposée pensée unique de droite et, les autres, celle de gauche. Tant et si bien que plus personne n’était foutu de savoir de quoi il retournait vraiment. Normal…

C’est le genre de formules incantatoires utilisées par les candidats en campagne électorale qui n’est destiné qu’à frapper les esprits en leur faisant supposer qu’elles ont un sens. Il y a eu maints autres exemples. Souvenez-vous ! Dans le désordre… « La Fracture sociale » de Chirac, encore lui, la « Force tranquille » de Mitterrand, le « Ni oui, ni non » de Giscard, « Présider autrement » de Jospin, « Le Président normal » de Hollande, « Travailler plus pour gagner plus« , de Sarkozy, etc, etc…

Heureusement, Claude Hagège, relativement à l’expression qui nous intéresse, remet l’Église au milieu du village ! (J’adore cette image. Même si, même si… Enfin, vous savez.)

Ainsi, dans cette vidéo, cet éminent linguiste (qui devrait cependant s’abstenir de se curer le nez pendant qu’il tient d’aussi doctes propos…), fait la démonstration que l’anglais et, bien évidemment, son hybride, l’américain, est THE vecteur libéral anglophone de la pensée unique. CQFD…

Sans que nous en mesurions vraiment les conséquences, les idiomes anglais envahissent, de manière exponentielle, notre quotidien et, plus préoccupant encore… notre façon de penser. Car avec une langue anglaise, à vocation purement mercantile, simpliste et binaire qu’on colle sur les concepts comme une slogan publicitaire sur un paquet de lessive, on ne saisit plus la complexité du monde et de l’humain.

Dans l’entreprise, c’est patent, avéré. La communication dans l’entreprise ne peut se faire aujourd’hui qu’en utilisant des mots qui finissent presque tous en « ing« . Marketing, briefing, brainstorming, forcing, planning, coaching, training, reporting, dispatching, engineering, timing, and so on… Nos loisirs obéissent au même diktat langagier. Nous faisons du jogging, un peeling, un footing, un piercing, un brushing, un lifting, nous allons au pressing pour garder notre standing… Nous allons prendre un drink pour fêter le plus beau jour de notre life ! Nous ne sommes plus déprimés (trop ringard…), nous faisons un burn-out ! Et c’est parce que nous sommes surbookés, bien sûr ! Pardon… Of course ! Soupir…

Claude Hagège le dit bien mieux que moi. Ce n’est pas tant l’usage abusif de l’anglais et des anglicismes, dans nos sociétés occidentales, qui me pose un problème. Perso, je n’ai rien contre cette langue dans laquelle se sont exprimés les plus grands génies de la littérature et des sciences. Bien sûr que non ! Non, ce que dénonce Claude Hagège, c’est l’aspect prosélyte et marchand de l’anglophobie. Tout ce vocabulaire, plus ou moins compris, digéré, par ceux qui l’entendent et l’utilisent, n’a d’autre dessein que de réduire la pensée des masses à seule fin de leur vendre tout et n’importe quoi. L’anglais, la langue que je fustige, là, ce n’est pas celle de Shakespeare ou d’Oscar Wilde, mais bien celle de Mark Zuckerberg ou de Donald Trump, pour ne citer qu’eux…

La pensée unique, celle du « politiquement correct« , de la « stabilité sociale« , de la « consommation de masse« , du « divertissement« , et des profits incommensurables qu’elle génère, ne peut être mieux promue que par l’expression réductrice et simpliste de l’anglais universel. Cette bouillie sémantique aussi attrayante et indigeste qu’un cheeseburger…

Merci, Claudio ! Tu m’as redonné la pêche ! Je vais continuer à défendre, avec mes p’tits doigts de scribouillard, notre belle, complexe et riche langue française. Quitte à penser dans tous les sens ! Y compris les sens interdits…

 

 

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À quoi tient le talent ?

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Belle chanson, non ? Vous l’avez appréciée ?

À quoi, donc, tient le talent ? Hum ? Question on ne peut plus ouverte…

Pour illustrer mon propos, j’ai choisi la chanson phare, « Rest » du dernier album de Charlotte Gainsbourg. J’aurais, tout aussi bien, pu mettre en avant une autre chanson d’un autre chanteur d’une autre époque. Ou, même, la production d’un peintre, d’un dessinateur de BD, d’un cinéaste, d’un comédien, d’un humoriste, d’un écrivain, d’un journaliste, d’un joueur de tennis, d’un homme politique, que sais-je ! Ça n’a aucune importance. Le talent s’affirme dans tous les modes d’expression quels qu’ils soient. Non, c’est le talent, le sens du mot, son indéfinissable et subjective acception qui m’intéresse.

Charlotte Gainsbourg n’est pas un chanteuse. C’est indubitable. Dans cette chanson, elle murmure plus qu’elle ne chante. Elle n’est pas vraiment musicienne, non plus, même si elle fait l’effort, sur scène, de jouer quelques accords au piano. Pour la musique de ses chansons, elle fait appel à des pointures comme Paul McCartney, SébastiAn, ou Daft Punk. Elle écrit les paroles, certes, mais on se demande bien pourquoi elle y mêle malicieusement le français et l’anglais. La phonétique doit-elle absolument prendre le pas sur la dialectique ?

Elle n’est pas belle, du moins selon les canons de beauté généralement admis. Sa timidité, presque maladive, sa réserve, feinte ou non, font de ses interviews promotionnelles des moments tout aussi pénibles pour elle que pour le téléspectateur… Et pourtant !

Et pourtant, que l’on aime ou pas Charlotte Gainsbourg, on ne peut nier l’évidence. Elle a du talent.

Pour s’en convaincre, il suffit peut-être de considérer le nombre impressionnant de vues pour ses clips sur You Tube, de CD vendus (et oui… ça existe encore !), ou de places réservées à ses concerts. Mais ce n’est pas tout ! Il y a également les prix prestigieux et l’engouement du public qui récompensent depuis des années (depuis « L’effrontée » de Claude Miller, en 1985, où elle avait obtenu son premier César d’interprétation) son talent d’actrice de cinéma. Car elle est aussi actrice, ça n’a échappé à personne. Il y a tout ça, bien sûr ! Mais s’il fallait uniquement se fier à ces critères quantitatifs ou honorifiques, on pourrait admettre, de la même façon, que… je ne sais pas, moi… que Michel Sardou ou Patrick Sébastien ont également du talent ! Et là, je dis non. Je m’y refuse. Donc, la vérité est ailleurs, comme disait Fox Mulder à Dana Scully dans « X-Files »…

Pour preuve, il y a des milliers d’artistes bourrés de talent que l’on croise incidemment dans la rue, dans les couloirs de métro, aux terrasses des cafés, dans les rayons des bibliothèques municipales, dans les journaux à tout petit tirage, dans les théâtres de poche, à Paris comme en province, dans les « premières parties » des concerts de groupes de Rock renommés, à la radio, en été, pour quelques prestations intérimaires… Des milliers d’artistes dont le talent ne sera jamais reconnu, qui ne connaîtront jamais le succès de Charlotte Gainsbourg et qui mourront dans l’anonymat le plus total. Alors pourquoi Charlotte et pas eux ?

Le talent de Charlotte Gainsbourg est indéniable, je l’ai dit. Et, personnellement, je l’apprécie. Vraiment ! Mais… car il y a un « mais ». Si Charlotte n’était pas la fille de Serge et de Jane, eux-mêmes issus, pour l’un de la bourgeoisie russe, juive et artiste (père pianiste et mère mezzo-soprano) et pour l’autre de la bourgeoisie anglaise bon teint (père Commandant de la Royal-Navy et mère actrice dans des pièces de théâtre de célèbres dramaturges), est-ce qu’elle aurait le même destin, aujourd’hui ?

La réponse est dans la question. Vous m’avez vu venir…

Le talent n’est pas héréditaire ou génétique ou des conneries de ce genre ! Bien sûr que non… Les contre-exemples se comptent en centaines ! Heu… bon. En dizaines ? Je ne sais pas… Ça ne me vient pas comme ça, là. Et vous ? Vous avez un nom d’artiste reconnu, adulé et riche qui est issu d’un milieu prolétaire ou paysan, Dany Boon mis à part ? Et est-ce que Dany Boon est un artiste ? Ah ? C’est une autre question ça, non ?

Ce que je veux dire… C’est que le talent des femmes et des hommes, comme le génie qui est moins controversé parce que plus identifiable, mesurable, consensuel (personne ne songe à contester le génie d’Einstein, de Mozart ou de Léonard de Vinci !), ne vient jamais (ou presque jamais, je le concède…) de nulle part.

Autrement dit, pour que naisse le talent et qu’il croisse, comme dans les vergers, les plants de tomates, ou même les champs de patates, il faut un environnement riche et soigné. Ça ne marche pas à tous les coups, c’est vrai,  mais, au moins, les conditions les plus favorables sont réunies.

Autrement dit de l’ autrement dit, les talents éclosent bien plus facilement dans les mieux privilégiés, artistes et bourgeois de Neuilly sur Seine, ou dans le « Quartier des Grands Hommes » à Bordeaux, que dans les barres de logements sociaux à la périphérie des villes. À cela, il faut ajouter qu’un enfant issu des « quartiers populaires », pour utiliser un euphémisme très « tendance » qui ne désigne en fait que les zones miséreuses, ne peut pas bénéficier des réseaux d’influence et de promotion tissés par ses parents.

C’est juste un état de fait. Un principe de réalité. Il n’y a pas d’amertume, d’envie ou je ne sais quelle frustration dans mon propos. Je constate. Simplement. Comme les biens matériels, culturels, le talent se transmet de classe en classe. De caste en caste. C’est ainsi. Soit on l’admet et on cautionne le système qui fait de quelques nantis, talentueux ou pas, des multi-smicards adulés et enrichis par la crédulité des masses ou soit on s’énerve pour rien dans une chronique sur un blog…

 

 

 

 

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« Au commencement était le verbe… »

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Non, non, je ne me suis pas soudainement devenu croyant. Je veux, ici, rassurer mes proches. Qu’ils ne s’inquiètent pas, je ne suis pas davantage un néo-mystique ou quelque chose du genre, et je ne suis pas, non plus, en dépression. Enfin, pas plus que d’habitude…  Dieu merci, je suis toujours et résolument athée ! Non, c’est tout bonnement parce que cette parole que l’on attribue à Saint Jean dans le prologue du Nouveau Testament, si tant est qu’il sut écrire, illustre parfaitement mon propos. Les aphorismes, les sentences, les injonctions des apôtres et des prophètes, toutes religions confondues, sont si ambigus, équivoques et nébuleux, qu’ils offrent toutes les interprétations possibles. Tout, son contraire, et inversement… Alors, pour les plumitifs, dont je suis, c’est une mine inépuisable.

« Au commencement était le verbe« , donc… Quoi de plus vrai ? Quand on considère l’éducation que peut recevoir un enfant dans quelque pays que ce soit, l’acquisition du langage et, par extension de la culture, est déterminante ! Plus les enfants et les adultes en devenir ont de vocabulaire, plus il est étoffé, et mieux ils perçoivent, comprennent et partagent la complexité du monde. Et plus ! J’ose l’affirmer ici…ils ont intelligents.

Oui, oui, je sais ! Attendez ! Je ne vous ai pas interrompus jusqu’à maintenant, alors laissez-moi continuer ! S’il vous plaît !

Bien sûr que l’intelligence ne se mesure pas seulement à l’aune de la maîtrise lexicale ! Évidemment ! Il y a des mathématiciens, des astrophysiciens, des généticiens, des économistes (heu… faut voir…), bref, des scientifiques BAC plus 10, 12, ou 20, qui ont un QI à faire pâlir Alain Rey ! Bien sûr ! Seulement voilà… Quand il s’agit de transmettre leur savoir, ou même de convaincre les industriels ou les ministères du bien fondé de leurs recherches pour obtenir des financements, les graphiques, les camemberts, les courbes statistiques, cycliques, ou furtives, ne suffisent pas. Il faut remporter l’adhésion avec des mots. Des mots qui touchent, qui émeuvent, qui intéressent, qui surprennent. Des formules qui interpellent, étonnent, séduisent. En résumé, il faut maîtriser la langue.

Oui… Décidément, oui, Franck Lepage (voir la vidéo) a raison. En règle générale (et je ne veux rien entendre des exceptions que tel ou telle autre avez pu constater ! Elles ne font que confirmer la règle ! Rien d’autre ! D’accord ?), le milieu social et culturel dans lequel on naît, chacun d’entre nous, détermine largement notre évolution intellectuelle d’homme ou de femme et, par voie de conséquence, bien souvent, notre parcours professionnel. Et ça commence, dès le berceau, par l’apprentissage de la langue dans toute sa diversité et sa complexité.

Dans les milieux défavorisés, pécuniairement et culturellement (l’un va rarement sans l’autre), un adolescent, un jeune adulte, selon Gilles Siouffi, professeur en langue française à la Sorbonne, a en magasin 500 mots en moyenne pour s’exprimer. Il en faut six fois plus, 3000 donc, pour espérer être quotidiennement compris et entendu. Un homme cultivé, de bonne extraction aristocratique ou bourgeoise, peut faire appel, dans le meilleur des cas, à un lexique de quelques 30000 mots. Autant dire que l’un doit se mesurer, avec un canif,  à l’autre qui dispose de l’arme nucléaire…

L’opposition, le conflit, entre les classes sociales, ce n’est pas seulement une question d’argent ! Je suis convaincu qu’il s’agit avant tout d’une question de langage. Dans les tribunes, sur les estrades, le peuple, pour se faire entendre, doit utiliser les mêmes outils de persuasion, les mêmes armes de dissuasion que les sachants. Les mots…

La « lutte des classes« , au sens marxiste (même si la formule peut paraître désuète, elle est toujours et hélas d’actualité), ne peut être tuée dans l’oeuf que dans les écoles laïques, solidaires, et fraternelles pour tous. Bien nés ou roturiers à la même enseigne et au même enseignement… républicain. Quoi d’autre ?

M’est avis qu’on n’en prend pas le chemin. Mais c’est l’objet, peut-être, d’une autre chronique…

 

 

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