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« Convergence des luttes » ou « coagulation des mécontentements » ?

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Dans cette petite vidéo qui ne dure que trois minutes (je précise car je sais que beaucoup d’entre vous n’ont pas tout le temps dont je dispose…), Franck Lepage fait la démonstration que le choix des mots, ces outils merveilleux qui nous servent à communiquer, a une importance primordiale. Les mots et leur(s) sens (oui, un mot peut avoir plusieurs sens et cette équivocité fait le charme de la langue frâânçaise, bien sûr…) doivent être examinés dans les laboratoires sémantiques des linguistes, ça va de soi, c’est leur boulot, mais aussi par les citoyens ordinaires que nous sommes si nous ne voulons pas être pris en permanence pour des truffes. Et, notamment, par les politiciens…

J’ai déjà abordé le sujet dans une précédente chronique, je sais… Souvenez-vous, « négociation » versus « concertation ». Mais j’y reviens car j’ai de nouveau été témoin récemment, tout comme vous, j’imagine, d’une nouvelle tentative d’enfumage verbal lors de la dernière prestation du Président Macron sur BFM TV. Soit dit en passant, le choix de cette chaîne privée par Macron n’a rien de fortuit. Le sens critique du téléspectateur moyen su BFM, sur une échelle de 1 à 10, doit osciller entre le 1 et le 2. Et, de ce fait, ledit téléspectateur, sûr de lui, conforté dans ses convictions obtuses, répète à qui veut l’entendre, et au premier degré, la bonne parole présidentielle. Du moins, c’est le pari qu’a fait Macron…

Ainsi, l’accro à l’information télévisée en continu, à grands renforts de bandeaux anxiogènes en bas d’écran et de scoops qui tardent à venir comme Godot, devient un instrument de propagande en puissance. Il transmettra désormais avec ses quelques pauvres mots, au premier degré, celui qui le met à l’abri du vertige réflexif, et à l’unisson, le concept de coagulation des mécontentements plutôt que celui de convergences des luttes. Et vous aurez remarqué que le mot « luttes« , lui-même, a, incidemment, été remplacé par « mécontentements« . Je vous le dis, rien n’est dû au hasard.

« Convergence » est un mot qui a intrinsèquement une connotation positive ! Quand on entend ce mot, on l’associe plus ou moins consciemment à d’autres mots fédérateurs, exaltants, comme « entente », « amitié », « solidarité »…. « paix » ! En revanche, le mot « coagulation » fait appel à des évocations hautement péjoratives. Ce qui est coagulé est forcément figé, inerte, voir putride. La coagulation, c’est le caillage du sang, c’est l’enfermement, la fin d’un processus de vie à l’avantage d’une mort annoncée. Une mort larvée des revendications sociales, en l’occurrence, souhaitée par Macron. La convergence des luttes étudiantes, paysannes et ouvrières de Mai 68, pour le Capital, c’est l’apocalypse, sa fin ! Et il en a tiré les leçons. Le Capital est loin d’être con…

La confrontation des idées, des idéologies (excusez le gros mot…), des projets politiques, depuis les années 80-90 (la chute du Mur, peut-être…), été étouffée, neutralisée par la communication gouvernementale. Le pouvoir n’échange plus, il communique. Le pouvoir ne veut plus être contesté. Le pouvoir ne débat plus, il explique pourquoi il n’y a pas d’alternative à sa décision. Bref ! Le pouvoir, sous le masque du pédagogue empathique qui sait ce que nous ignorons, nous infantilise, nous leurre, nous trompe, nous ment, pour nous faire avaler toutes ses couleuvres anti-sociales avec ses mots et ses formules bien choisies.

M’est avis que le temps des barricades de Mai 68 est révolu. En revanche, d’autres combats sont à mener, non-violents, ceux-ci. Et en premier lieu, celui du verbe…

 

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Entre « négociation » et « concertation », quelle différence ?

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La vidéo ne dure qu’une minute et onze secondes et pourtant elle est riche d’enseignement.

Vous avez remarqué ? Guillaume Pépy, encore PDG de la SNCF, s’est bien gardé de prononcer le mot « négociation«  avec les syndicats à propos de la réforme SNCF. Il préfère mettre en avant, et plutôt deux fois qu’une, le mot « concertation« . Pour une majorité de français, comme ça, à vue de nez, au saut du lit, « négociation » et « concertation« , c’est kif kif bourricot.

Et bien, non ! Si les mots ont un sens, ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout, la même chose ! Et non…

On négocie, par définition, quand il y a quelque chose à négocier. Ainsi, le patron d’une boîte, n’importe laquelle, expose un problème aux représentants syndicaux. Une baisse d’activité, la concurrence de plus en plus agressive, un manque de productivité, bref ! Un problème. Ensuite, il dévoile son plan de patron pour redresser la barre. En général, ledit plan n’est pas favorable aux salariés. Mais bon… Il est prêt à écouter les souhaits, les voeux et les propositions des syndicats et reste ouvert, même s’il ne l’affiche pas ostensiblement, à des négociations. L’objectif étant de sauver sa boîte tout en donnant satisfaction, peu ou prou, à son personnel. C’est le fameux principe du « gagnant-gagnant », chacun se serrant la main au milieu du gué. Le patron a fait des concessions et les salariés, en échange de davantage d’implication, ont obtenu, au pire le maintien de leur condition, et au mieux, de nouveaux avantages. Ce rapport de force intelligemment géré et maîtrisé, de part et d’autre, entre le dirigeant et les employés, a donné dans des milliers d’entreprises, grosses, moyennes ou petites, jusqu’à ce jour, d’excellents résultats.

Ça, c’était avant.  De toute évidence, Macron ne veut plus de négociations.

Ça a commencé, entre autre, avec le plafonnement des indemnités prud’homales par les ordonnances visant à réformer le Code du Travail en septembre 2017. Autoritairement (les ordonnances s’affranchissant des débats à l’Assemblée Nationale, pour rappel…), on interdit, de fait, aux défenseurs des salariés abusivement licenciés toute négociation à la mesure du préjudice. Ça f’ra tant. C’est à prendre ou à laisser. Circulez, y a rien à voir ! Allez, hop, hop !

Et ça continue, dans le même esprit, avec la réforme de la SNCF. Les syndicats sont courtoisement invités à Matignon, dans le cadre d’un agenda fixé par l’Élysée, non pas pour négocier quoique ce soit (de toute façon, tout est déjà plié…) mais, bel et bien, pour être « concertés ». Autrement dit, ils ne sont pas autorisés à négocier quoi que ce soit mais, peut-être, à la marge pourront-ils obtenir quelques maigres satisfactions (préalablement budgétisées par la direction, vous pensez bien…) qu’ils pourront annoncer aux cheminots dans l’espoir de ne pas passer pour des cons.

Voilà la conception macronienne des rapports sociaux : Je sais ce qui est bien et bon pour vous, les cheminots, les travailleurs, les français. Je vous écoute d’une oreille (laissant l’autre en permanence disponible pour le MEDEF et la Bourse ) et je décide. C’est comme ça et pas autrement.

Oui, les mots ont un sens. Une négociation n’a rien à voir avec une concertation. Et je m’étonne que ce glissement sémantique ne soit pas davantage relevé dans les médias. À moins, bien sûr, que les médias, eux-mêmes, ne soient, pour beaucoup d’entre eux et à des degrés divers, les complices objectifs de cette ambiguïté.

Dans une négociation, il y a toujours deux acteurs (individu ou entité) dont les intérêts sont souvent contraires. C’est même pour ça qu’ils négocient. En revanche, dans une concertation, il n’y a plus qu’un acteur. C’est celui qui a préalablement tout décidé. Il dit, voilà mon projet ! et observe les réactions. Dans une concertation, le deuxième acteur devient alors simple spectateur du destin qu’on a façonné pour lui. Et là, ce n’est pas la même limonade Vous l’avez compris.

Je le répète, les mots ont un sens. Et si parfois, parce qu’on est trop distraits ou trop préoccupés par autre chose, le sens des mots nous échappe, croyez bien que les premiers de la classe qui nous gouvernent maîtrisent parfaitement leur vocabulaire pour communiquer. Chaque mot, chaque adjectif, chaque adverbe, est pesé, testé, dans les cabinets ministériels avant de constituer ce qu’on appelle les éléments de langage que vont réciter inlassablement et benoîtement les serviteurs de l’État sur les plateaux de télé, dans les studios de radios ou dans les déjeuners avec les journalistes de la presse écrite.

C’est ainsi qu’on manipule l’opinion. Par le verbe, notamment. Et si on est assez malin, on peut même  faire prendre une vessie pour une lanterne à une… majorité d’électeurs citoyens.

 

 

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« L’ Énarchie » absolue…

Macron ENA

Ci dessus, la photo de la promotion 2002-2004, « Léopold Sédar Senghor », à l’ENA.

En cliquant sur l’image, vous verrez apparaître, en clair, les minois d’une belle brochette de « premiers de la classe » et les noms de certains d’entre eux. Dont… dont celui d’Emmanuel Macron.

Sont désignés sur la photo, Gaspard Gantzer, ancien conseiller de François Hollande puis investi par la « République en marche » pour les élections législatives 2017, Frédéric Mauget, Directeur Général du Crédit Municipal, Sébastien Jallet, nommé, le 23 décembre 2017, Commissaire général délégué à l’égalité des territoires, Directeur de la ville et de la cohésion urbaine (Mazette ! Mais m’est avis que plus le titre est long, plus l’homme est éloigné du chef…), Aymeric Ducrocq, Directeur de Participations Industrie au Ministère des Finances (personne ne sait ce que ça veut dire… Lui, peut-être.), Aurélien Lechevallier, un diplomate ou quelque chose dans le genre, spécialiste des relations économiques, politiques et culturelles entre la France et les pays africains (excusez du peu !), Mathias Vichérat, Directeur général adjoint en charge du projet d’entreprise et de la communication, à la… SNCF. Tiens, tiens !

Bref, pas vraiment des smicards… La plupart d’entre eux, au doigt mouillé, comme ça, émargent entre 10000 et 20000 euros par mois. Voire plus, s’ils savent activer les réseaux que leur confèrent leur position privilégiée. Mais, c’est vrai, ils n’ont pas, comme les agents SNCF, la sécurité de l’emploi. Ça, c’est vrai ! Ils ne sont pas à l’abri d’un changement brutal de majorité ou de la désaffection soudaine de l’opinion à leur endroit et, donc, de leurs mentors politiques. Les bannis de la République sont nombreux depuis 1958 cependant, à ma connaissance, aucun n’a pointé au chômage après son éviction.

Pour exemple, ce petit cercle d’amis de promo tient aujourd’hui les rênes du Pouvoir en France. Mais d’autres énarques avant eux, issues d’autres promotions antérieures, ont fait la même chose. Et ce, depuis 1945, date de la création de l’ÉNA par De Gaulle ! Certains ont été ministres, Secrétaires d’État, Directeurs de cabinet, Attachés d’ambassade, Ambassadeurs, grands patrons d’entreprises publiques ou privées, privées ou publiques (tout dépendait de la direction du vent…), Directeurs de campagne, Diplomates, et j’en passe… D’autres, plus téméraires, ont affronté le scrutin populaire et ont été élus Maire d’une grande ville ou Député (souvent les deux cumulés), ou Sénateurs. Et enfin, quelques-uns, une poignée, ont atteint la distinction suprême, le Graal, j’ai nommé, la Présidence de la République. Giscard d’Estaing, Chirac, Hollande et… Macron. Faut reconnaître qu’en terme de réussite professionnelle, à l’issue de la scolarité, l’ÉNA dépasse de très loin le Lycée Georges Brassens-Courcouronnes dans l’Essonne…

Et c’est ainsi depuis plus de soixante-dix ans… Tout ce petit monde cultivant un entre-soi jalousement chéri dans les plus beaux quartiers de Paris ou des grandes métropoles françaises, s’enrichissant sereinement, avec notre travail, nos impôts et nos taxes, tout en préconisant l’austérité, la baisse des déficits publics, la casse du statut des cheminots qui bénéficieraient, à les entendre, de privilèges anachroniques… toute cette caste de nantis éhontés, donc, forme la nouvelle aristocratie républicaine. Quelques deux cent vingt neuf ans après la prise de la Bastille…

Alors, oui, c’est vrai… Les députés, les maires des grandes villes, tout ça, sont élus. Oui. Le Président, lui-même, est élu, bien sûr ! Il ne s’agit pas là de « droit divin », fort heureusement ! De même, les patrons des grandes entreprises, les hauts fonctionnaires, tout ça, n’ont pas acheté une charge au Roi ! Non, ils ont des diplômes, tout de même ! Ils ont fait des études dans de grandes écoles et par forcément à l’ÉNA, c’est vrai. Tout ça est vrai…

N’empêche… Le Président de la République, à l’instar des monarques, continue de vivre dans un « Palais ». Celui de l’Élysée, je n’invente rien. Les dîners et les déjeuners sont toujours aussi somptuaires et dispendieux pour recevoir les chefs d’État étrangers, même les moins fréquentables d’entre eux. Le Roi… heu, pardon, le Président, pourrait se rendre coupable des pires exactions qu’il ne serait pas inquiété en quoi que ce soit durant son ou ses mandats (et même après s’il est suffisamment fortuné pour se payer un bon cabinet d’avocats), bénéficiant ainsi de la même impunité, constitutionnelle, celle-ci, qu’un « Bourbon » ou un « d’Orléans ». Et puis, en transposant de manière un peu malicieuse, je veux bien l’admettre, le Président Macron à sa « Cour » comme ce bon vieux Louis XIV. Elle n’est plus assignée à résidence à Versailles, certes, mais plutôt circonscrite et contrôlée par les magnats de la Presse inféodée, parce qu’intéressée, comme les hobereaux et châtelains  de province d’antan.  Dassault, Bettencourt, Drahi, Bolloré, De Rothschild, Bouygues… Enfin, « Sire Macron » a ses bouffons, comme l’Angely de Louis XIII, en la personne d’un Stéphane Bern ou d’une Anne Roumanoff, pour seuls exemples.

Non, décidément, rien ne change. L’Énarchie républicaine, entre autres, a remplacé l’Aristocratie des salons. Une élite sociologique, validée par des processus dits « démocratiques »,  s’est substituée à une caste privilégiée et atavique de l’ancien règne. Mais le résultat est le même ! La domination, économique, culturelle, politique, d’une minorité de « bien nés » est toujours exercée sur une immense majorité de citoyens qui espèrent encore, en glissant leur bulletin dans l’urne, changer le monde ou, tout du moins, leur condition. Foutaise !

J’ai très souvent des difficultés à trouver un terme qui va bien à mes chroniques. Je pense toujours ne pas avoir tout dit, tout ça…  Je ne sais pas. Est-ce que tout ça est cohérent ? N’ai-je pas fait trop de digressions ? Entre mon propos initial et le développement qui a suivi, est-ce qu’il n’y a pas un hiatus, une perte de sens ? Bref ! Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

Mais bon… Aujourd’hui, je propose, de manière un peu brutale, j’en conviens, cette conclusion. Vous en ferez ce que vous voudrez.

Il n’y a plus qu’un ouvrier élu à l’Assemblée Nationale en 2017 ! (Source site Public-Sénat).

 

 

 

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Dany, l’opportuniste…

dany_mai_1968

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« L’opportuniste », chanson créée en … 1968 (et oui !) par Jacques Dutronc. J’espère que vous l’avez appréciée avant de lire cette modeste chronique. Passons sur la chorégraphie très mécanique et très… empruntée des danseuses et les couleurs très « vintage » du décor du clip, dans les ocres, les marrons, les jaunes, les oranges, les rouges… Mais rappelons-nous, nous étions en 1968. Les goûts et les couleurs, hein… Ils dépendent non seulement de la perception de chaque individu mais obéissent également à des tendances, par définition, datées. « La mode, c’est ce qui se démode », disait Cocteau. Ceci dit…

Je ne pense pas que Jacques Dutronc désignait explicitement Daniel Cohn-Bendit dans sa chanson. Bien sûr que non !

« Dany, le rouge » était alors à l’acmé de sa gloire militante de gauchiste patenté, défiant l’autorité de l’État, dans un discours mâtiné de thèses trotskistes, maoïstes, anarchistes, libertaires, situationnistes et plein d’autres idéologies fumeuses en « iste » dans l’air du temps. Un discours incarné par un homme, avec un charisme  indéniable, qui sentait le souffre dans la France très policée du Général. De quoi ravir les journalistes de l’époque, à la télé, à la radio, dans la presse écrite, en mal de sensations fortes, de scoops et, surtout, de nouveauté.

Cohn-Bendit, on peut au moins lui reconnaître ça, a compris, bien avant beaucoup d’autres, que les médias pouvaient faire une notoriété et donc une … une carrière. Dès avril-mai 1968, on ne l’a jamais vu sur une barricade mais, en revanche, il était omniprésent sur les plateaux de télé ou dans les studios de radio. Bon, après tout, pourquoi pas… La révolution, c’est comme la guerre. Il y a la piétaille, la chair à canon, et il y a les généraux et, en l’occurrence, les meneurs politiques, qui dirigent, de loin, les opérations. Sauf à être contredit par un éminent historien qui se serait aventuré fortuitement sur mon Blog, on n’a jamais vu Robespierre lors de la prise de la Bastille. Je me trompe ? C’est ainsi que l’histoire se fait. Certains pensent et d’autres agissent, sous l’impulsion des premiers, depuis que l’humanité existe. Rien à dire… Enfin, pas là, pas maintenant. Je veux rester concentré sur notre trublion soixante-huitard devenu, cinquante ans après, le « visiteur du soir » du Palais de l’Élysée.

Quelle tristesse ! Quelle déception ! Voilà un homme qui a représenté pendant des années et pour des millions de français (mais pas seulement !), la combativité, l’inventivité, la pugnacité du peuple de gauche et qui, à bientôt 73 ans (dans trois jours, pour être précis), prend langue avec les parangons du capitalisme européen que sont Macron et Merkel. Car, ambivalent et opportuniste, il l’est jusqu’au bout, le fourbe ! Avec sa double nationalité, allemande et française, et son aura emblématique de révolutionnaire de théâtre, il peut, à sa convenance et selon les circonstances, l’actualité, défendre le rigorisme économique allemand ou la ferveur toute latine des écologistes français dans les alcôves du pouvoir.

Dany, il s’en fout ! Ce qu’il veut, c’est être écouté et exister ! Et, bien entendu, glaner, en droits d’auteur, en prestations exceptionnelles pour telle ou telle émission de télé, en droits d’image, en mandat d’élu européen… de quoi s’enrichir sereinement sur un malentendu survenu, il y a… 50 ans.

D’autres leaders politiques de Mai 68 sont restés dignes et n’ont pas connu le même destin médiatique et corrupteur. Sans doute parce qu’ils étaient plus sincères et plus honnêtes dans leurs convictions.

Je nomme, Daniel Bensaïd, Alain Krivine, Alain Geismar, Jacques Sauvageot et Arlette Laguiller. Qui s’en souvient aujourd’hui ? À part Arlette, je veux dire… Hum ? Sur ces cinq personnalités, deux d’entre elles, Daniel Bensaïd et Jacques Sauvageot, sont mortes dans un quasi anonymat. Alain Krivine, à 76 ans, n’est pas dans la misère, certes, car né dans une famille pour le moins bourgeoise. N’empêche, même si l’on ne l’entend plus, on sait qu’il est resté fidèle à ses engagements de jeunesse. Alain Geismar n’est plus le révolutionnaire qu’il était depuis bien longtemps. Il s’est compromis dans les cabinets ministériels des socialistes, Jospin, Rocard, Cresson, Glavany… Mais enfin, il n’a jamais vendu à qui que ce soit son image d’activiste soixante-huitard ! Quant à Arlette, elle coule une retraite paisible et modeste dans un quartier populaire des Lilas dans le 93, toujours trotskyste et toujours influente, je suppose, à « Lutte ouvrière ».

Il semble, néanmoins, que « Dany, l’opportuniste » veuille se faire relativement discret à l’occasion du cinquantième anniversaire des « évènements » de Mai 68. M’est avis que, là encore, il a senti le vent tourner. Dans l’opinion publique, il n’est plus si chéri qu’il le fut. Les jeunes ne le « calculent » même pas, comme ils disent, et les vieux, au contraire, commencent à lui demander des comptes. Cependant, pas sûr qu’il résiste très longtemps aux sollicitations des médias qui ne manqueront pas de se produire. Ne serait-ce que pour flatter, une fois encore et peut-être la dernière, son ego de Che Guevara d’opérette.

On verra…

 

 

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