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T’es trop con, j’vais t’expliquer…

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Ainsi, selon Macron (voir la vidéo d’une minute et une poignée de secondes), nous, les français moyens, détestons les réformes. C’est comme ça. Dès que nous pouvons éviter les réformes, nous ne les faisons pas ! Nous sommes décidément incorrigibles.

Alors… Alors, fort heureusement, Macron se chargera, une fois encore, de nous expliquer ce que nous refusons obstinément de comprendre.

Les réformes, c’est l’avenir, notre avenir à nous, français ! Sans réformes, nous raterons le train de la modernité. Peut-être même serons-nous assujettis aux nouvelles puissances économiques émergentes qui n’attendent qu’un signe de faiblesse de notre part pour s’emparer de nos marchés, voire pour nous imposer leur culture ! Est-ce que c’est ce que nous voulons ? Voilà, en substance, le discours que tenait Macron, le 24 Août 2017, en Roumanie, à je ne sais quel colloque européen.

Première observation…

Cela a déjà été dit mais il faut le rappeler, Le Président de la République française choisit donc de dénigrer ses concitoyens en… Roumanie. Dès lors, on est en droit de se demander s’il a toujours ce genre de propos nous concernant chaque fois qu’on a le dos tourné. De même, on peut légitimement, à l’avenir, exiger de lui qu’il s’adresse à nous directement quand il a quelque chose à nous dire. En France, sur un plateau de télévision ou dans un studio de radio français, par exemple. Ce serait plus courageux et plus… élégant.

Maintenant, sur le fond…

« Nous n’avons pas su suffisamment expliquer aux français. » À l’occasion d’une grève qui s’éternise ou d’une déculottée électorale, combien de fois avons-nous entendu ces propos lénifiants prononcés par un ministre en difficulté ou un député renvoyé dans ses pénates ?

Ainsi, nous serions incapables de comprendre les grands enjeux économiques et politiques et, aux grands enfants inconséquents que nous sommes, il faudrait donc démontrer patiemment l’incommutabilité des réformes engagées par le gouvernement. Car, nous devons tous en être convaincus, toutes ces réformes, c’est pour notre bien… Mais quelle arrogance ! Quelle morgue ! Quel mépris pour les citoyens que nous sommes !

Mais bon Dieu de bois ! Pour seul exemple, les cheminots ne rejettent pas la réforme SNCF parce qu’ils ne l’ont pas comprise ! Ils savent très bien de quoi il retourne ! C’est même parce qu’ils l’ont parfaitement comprise qu’ils se mobilisent contre sa mise en œuvre ! Ils vont à terme perdre leur statut, ce qui représente objectivement une régression sociale, et ils vont être confrontés à la concurrence déloyale de multinationales peu enclines à respecter le Code du Travail. Et tout ça pour quoi et au détriment de qui ? Pour le profit des actionnaires privés et aux dépens des usagers, bien sûr ! Il suffit de relever les conséquences néfastes de la privatisation, même partielle, des réseaux ferrés danois et britanniques, en terme de service rendu, pour s’en convaincre.

Voilà ce qu’ils ont compris, les cheminots ! Alors, on aura beau leur expliquer, en long et en large, aux cheminots comme aux usagers d’ailleurs, avec des mots choisis et des formules apaisantes, le bien fondé de cette putain de réforme, il n’en demeure pas moins vrai que c’est une monumentale erreur politique qui entraînera fatalement des dommages insoupçonnés et qui devra, un jour, être sanctionnée électoralement. Pour le moins…

Ce n’est pas que nous ne comprenons pas vos réformes, Président ! Nous en saisissons, bien au contraire, tous les tenants et aboutissants. Nous savons qu’elles obéissent invariablement à la logique capitaliste qui consiste à démanteler les services publics, dans un processus inexorable de désengagement de l’État, au profit (dans toutes les acceptions du mot…) de sociétés privées françaises et étrangères. Nous savons aussi, en fins observateurs que nous sommes, que les pays les plus libéraux économiquement créent une misère sociale, culturelle, endémique pour le plus grand nombre tout en facilitant l’enrichissement exponentiel d’une minorité de possédants. Voir, les États-Unis, pour ne citer qu’eux… Ça, nous l’avons bel et bien compris. Et aucune explication fumeuse d’aucune sorte ne pourra nous faire penser autrement.

T’es trop con, j’vais t’expliquer… C’est la traduction faubourienne, certes, mais néanmoins pertinente, des propos suffisants et faussement pédagogiques tenus en permanence par les décideurs, en général, et Macron en particulier. Or, qu’on se le dise, nous ne sommes pas stupides et nous ne sommes plus disponibles pour écouter de byzantines explications visant à nous faire admettre l’inadmissible.  À bon entendeur… 

 

 

 

 

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La flemme est l’avenir de l’homme…

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« Une étrange folie possède les classes ouvrières des nations où règne la civilisation capitaliste. Cette folie traîne à sa suite des misères individuelles et sociales qui, depuis deux siècles, torturent la triste humanité. Cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail, poussée jusqu’à l’épuisement des forces vitales de l’individu et de sa progéniture… »

Quoi de plus vrai ? C’est de Paul Lafarge, 1842-1911, gendre de Karl Marx (excusez du peu !), et essentiellement connu pour être l’auteur de ce petit pamphlet de quelques pages, le « Droit à la paresse« , édité en 1880. J’en ai, je ne vous surprends pas, une post-post édition de poche dans mon très modeste panthéon livresque.

La paresse... C’était une excentricité, au XIXème siècle, qui faisait déjà l’objet des pires récriminations. C’était un jugement moral, certes, mais surtout inspiré par l’Église chrétienne. Ben oui, la paresse est le dernier des sept péchés capitaux, me semble-t-il. La paresse, l’oisiveté, comme la mère de tous les vices, quoi…

Mais, aujourd’hui, c’est une toute autre affaire ! La paresse est condamnable, non seulement au regard de la religion (mais qui s’en soucie encore ?) et de la morale, mais bien davantage sur le plan économique. La paresse, dans la grande machinerie capitaliste, est le grain de sable qui empêche les actionnaires de tourner la sueur et/ou les capacités cérébrales des travailleurs en… ronds, en pépètes, en thunes.

La paresse, pour le Capital, est bien plus menaçante, subversive, que la contestation syndicale. Pour un patron, au service de l’actionnariat ou pas, une grève de salariés, même très suivie, même de longue durée, après tout, ça se gère (voir l’actuel conflit à la SNCF… ). Beaucoup de patrons ont appris ça à l’École Polytechnique, à l’ENA ou à HEC avant de diriger une entreprise. Et les autres, qui n’ont pas eu l’opportunité de suivre ces cursus d’élite, ont été, à un moment ou à un autre et de manière pressante, invités à se mettre à niveau dans des stages intensifs de management. Quoiqu’il en soit, l’objectif est toujours le même. Faire en sorte d’exploiter plus pour gagner plus, sans émeutes. Et tout ça, en effet, ça ne s’improvise pas. Il faut apprendre à COM-MU-NIQUER ! (Et dans COMMUNIQUER, il y a NIQUER, bien sûr ! Excusez cet écart de langage…). Voilà le maître-mot du capitalisme moderne ! La COMMUNICATION… Une communication, cependant, élevée au rang d’un enfumage très sophistiqué dans nos sociétés occidentales où il existe encore un droit du travail, des organisations syndicales, des partis politiques d’opposition. Pas si simple !

Mais, patron ! Va donc communiquer avec un individu qui a fait profession de ne rien foutre, toi ! Tes discours sur la rentabilité, sur le marché concurrentiel, sur les gains de productivité, sur tes concepts à la con, en « ing », illustrés par des courbes, des graphiques, des camemberts, dans une débauche de power-points frénétiques, glissent sur son entendement comme la pluie printanière sur les ailes d’un canard sauvage bien nourri.

Dès lors, il faut sévir ! Il faut montrer du doigt le paresseux, le discréditer, l’ostraciser, le punir, le mettre au pilori ! On ne saurait tolérer, dans l’entreprise, une minorité d’ inactivistes qui met en cause, sans en avoir l’air, la valeur-travail, le fondement, l’alpha et l’oméga, depuis toujours ou presque, de ce dogme capitaliste consenti par l’immense majorité moutonnière des travailleurs.

La flemme est l’avenir de l’homme, oui, j’en suis convaincu. À force de ne rien faire, on évite le pire…

Paresseuses, paresseux, unissons-nous ! L’avenir nous appartient ! Formons… Élevons des… Bââ… rrica…des ! Âââh !

Âââh ! (bâillement…). Tout ça me fatigue, tiens…  Je vais faire une sieste.            

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