Archive | Cinéma Flux RSS de cette section

Jaoui, Bacri…

Image de prévisualisation YouTube

J’ai vu le dernier film d’Agnès Jaoui, réalisatrice, et de Jean-Pierre Bacri, « Place publique », avant hier, et, aujourd’hui, j’ai soudainement envie de vous en parler.

Ça fait très longtemps que j’aime ces auteurs, ces dialoguistes, et acteurs de cinéma. Depuis « Cuisine et dépendances », « Un air de famille », « Le goût des autres », etc… Mais pas seulement. Comment dire… J’aime aussi ce qu’ils sont, l’un et l’autre. Les êtres humains qu’ils sont l’un et l’autre. Et même le couple qu’ils forment.

Les auteurs…

Ils ont écrit, ensemble, les scénarios (les puristes écriraient « scenarii », à l’italienne, ou bien encore « scénarii », à la française avec l’accent aigu, comble du ridicule. On en restera donc à « scénarios », c’est une affaire entendue…) et les dialogues de la plupart de leurs films. En ce qui concerne les scénarios, donc, l’histoire, les intrigues, il est vain de s’attendre à des rebondissements extraordinaires, à des cascades, à des courses de bagnoles dans les grandes métropoles surpeuplées, à des guerres sanglantes entre bandes rivales dans les milieux de la drogue, du sexe, du jeu… Ça peut être bien aussi ! Voire, excellent ! Je ne dis pas le contraire ! Je pense à Scorsese, à De Palma, à Coppola et même à Olivier Marchal…  Mais, là, non…

Dans les films d’Agnès et de Jean-Pierre ( je me permets les appeler par leur prénom, seul, tant je me sens proche d’eux. Et j’espère qu’ils n’en seront pas heurtés. Sourire…), il n’y a rien de tout ça. Ils se contentent de décrire le monde avec le prisme d’une conscience de « gauche » ou… plus exactement, humaniste, qu’ils ont su conserver malgré le succès. Pas si commun ! Voir mon article sur Depardieu… C’est toujours le même processus. Ils partent de situations qu’ils connaissent parfaitement, le plus souvent ce qu’ils vivent quotidiennement dans leur propre milieu bourgeois (Bobo, dirait-on…), pour mieux s’exprimer sur des causes universelles. Les injustices sociales, les vains conflits religieux, culturels, générationnels, etc… La description dérisoire et sans concession de leur propre façon de vivre, d’être, les autorise à avoir un regard très critique, acerbe, lucide, sur l’homme. Un régal…

Les dialogues…

Ce ne sont pas les dialogues de Michel Audiard que Jean Gabin, Bernard Blier, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo, et tellement d’autres comédiens devaient s’approprier et restituer, à la virgule près, avec leur talent propre ! On est d’accord… C’est écrit, bien sûr, mais on sent bien que leurs dialogues, élaborés antérieurement et avec soin, laissent une large place à l’improvisation, à la spontanéité, à l’inspiration du moment, sur le plateau. Et c’est un bonheur ! Les échanges perdent, certes, en rigueur, en construction, mais ils gagnent tellement en authenticité !

Les acteurs…

Que dire… Ça fait trente ou quarante ans que Bacri fait du Bacri et on ne s’en lasse pas. Enfin, moi, je ne m’en lasse pas. Dans le rôle, la posture, du mec désabusé, revenu de tout, qui doute en permanence de tout et d’un rien, qui affiche un cynisme arrogant, et tendre à la fois, auquel il ne croit pas lui-même, on n’a pas fait mieux. C’est le maître incontesté. C’est simple, il n’y en a pas d’autre… Quant à Jaoui, à l’écran, elle est aussi naturelle que si elle avait été piégée dans une caméra cachée de François Damien. J’ajoute, en dehors de tout propos, que je la trouve très séduisante… 

Vous l’avez compris, je suis un inconditionnel du couple Jaoui-Bacri dont la complicité est palpable. Et j’attends, avec impatience, leur prochaine production… 

 

0 Commentaires

Rdl6470 copropriété |
Pomcisly |
Jenaimepaslislam |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | actualites
| Bollywoodteam
| M.C Community