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L’Apolitique versus LA politique…

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Les « gilets jaunes » qui ont manifesté leur mécontentement, leur « ras-le bol », selon la formule consacrée, en ce samedi 17 Novembre 2018, en bloquant d’importants axes routiers sur le territoire, se disent, pour la plupart, « apolitiques« . Dans toutes leurs interventions publiques, ils n’ont eu de cesse de mettre en avant ce principe, ce préalable, à leur démarche. Ils sont « apolitiques » et, accessoirement, « anti-syndicats« , et ils en sont fiers. « Que ce soit bien clair ! », nous disent-ils. J’ai bien compris, en effet, et ça me désole…

Ces jours-ci, donc, comme tout le monde, j’ai écouté les « micro-trottoir » réalisés par les chaînes d’information continue à la télé et sur ma radio (je n’en connais qu’une…) histoire de me faire une idée sur l’ampleur du mouvement et, surtout, sur le contenu de cette rébellion populaire qui, à en croire nombre d’observateurs médiatiques accrédités, est complètement inédite. Ce en quoi ils se fourvoient, une fois de plus. Les « Jacqueries » du XIVème siècle, la « Chouannerie » du XVIIIème, le « Poujadisme » du XXème, et j’en passe, sont apparus de la même façon.

J’ai été partagé, à différents moments, entre l’affliction, le désarroi, la colère,  et la tristesse… Comment est-ce possible ? Comment, en 2018, au vingt et unième siècle, avoir un discours, pour celles et ceux qui prétendent être les porte-parole d’une insurrection populaire (voir la vidéo) légitime, par ailleurs, aussi dénué de sens ?

L’inanité de leur propos est confondante. Leurs slogans sont tout aussi ineptes. Quelques exemples : « Macron, démission ! » (et après ? Pour le remplacer par qui ?), « Macron, tu nous pompes ! » (je me suis permis d’ajouter le « s » qui va bien à « pompe »…), « Halte aux taxes ! » (lesquelles ? Seulement celles liées au carburant ou toutes ?), « C’est la goutte noire qui fait déborder le réservoir ! » (à part la rime méritoire, quel est l’intérêt de ce message ?), « Quand Macron se gratte le fion, il veut notre pognon ! » (je n’invente rien ! Chacun peut vérifier qu’une pancarte a été fièrement brandie avec ce slogan, à Pau, le 17 novembre…), et pour finir, en trois mots définitifs « Marre de payer ! » (quel programme !)

Les « gilets jaunes » sont apolitiques, c’est entendu. Mais c’est bien là, précisément, tout ce que l’on peut entendre. À vouloir absolument se passer des corps intermédiaires que sont les syndicats et les partis politiques d’opposition comme porte-voix naturels et fédérateurs de leurs revendications, ils sont désespérément inaudibles. Que retient-on, en effet, de toutes ces vociférations glanées, là et ailleurs, sur les rond-point des nationales et les bandes d’arrêt d’urgence des autoroutes ? Rien… Strictement rien. Personne n’est foutu de savoir ce qu’ils veulent vraiment. Ont-ils un programme, des propositions ? Bien sûr que non. Veulent-ils prendre le pouvoir ? Sûrement pas. Alors ? À quoi peut bien servir toute cette agitation  ?

Demain, samedi 24 novembre, ils tenteront de remobiliser les troupes à Paris, en masse, l’espèrent-ils du moins, usées par des jours et des nuits de frimas à faire le pied de grue, dans un environnement d’asphalte et de béton à respirer les effluves toxiques des pneus en feu, sur les parkings des centres commerciaux et les péages autoroutiers. Nous verrons bien… Mais demain comme hier, ils ne seront pas davantage pris au sérieux par un gouvernement qui ne peut céder que face à une véritable opposition politique et/ou syndicale offrant une plausible alternative au système.

Je l’ai dit. Oui… Les « gilets jaunes » sont des crétins. Je le maintiens. Ils n’ont tout simplement pas compris que tous les combats de classe sont, par essence (sans jeu de mot), politiques. Ils n’ont pas compris que dans nos démocraties mais pas seulement, partout ailleurs, le seul vecteur d’émancipation pour les classes dominées par le pouvoir et l’argent, c’est la politique.

Après, après… Si les institutions politiques, ou les femmes et les hommes politiques, ne sont pas à la hauteur de leurs missions respectives et bien… Il faut en changer !

Démocratiquement…

 

 

 

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Les populistes…

Ainsi, sur l’échiquier politique, en France mais aussi partout en Europe et dans le monde, il y aurait, d’un côté, les démocrates et, de l’autre, les populistes. Bien…

En France, au nombre des démocrates, il est convenu de compter les partisans du « PS (pour ce qu’il en reste…), ceux de « Les Républicains » (à l’exception toutefois, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, du Président de LR, lui-même, j’ai nommé Laurent Wauquiez, souvent taxé de populiste...), « La République En Marche« , ça va de soi, et enfin tous ceux se réclamant de la nébuleuse centriste, plus ou moins de droite, les « MoDem« , « Nouveau Centre« , « UDI« , et une myriade de groupuscules « d’extrême-centre » créés à l’occasion d’alliances purement électoralistes au fil des échéances, les « Indépendants-République et Territoires« , « Union Centriste« , et j’en passe.

Tous les autres, le « Front National » (pardon… le « Rassemblement National » !), le « NPA« , le « PC« , « LO » et, bien entendu, la « France Insoumise« , sont, à en croire la grande majorité des commentateurs et chroniqueurs politiques patentés qui émargent quotidiennement sur tous les supports médiatiques (télé, radio, presse écrite, internet), des… POPULISTES.

En Europe,  même punition ! Ce sont, en Espagne, « Podemos », en Italie, « La Ligue du Nord », en Hongrie, « Viktor Orban », en Grèce, « Syriza », en Grande Bretagne, le « UKIP », en Italie, le « M5S », en Autriche, le « FPO », en Suisse, « L’Union Démocratique du Centre », en Allemagne, l’AfD… qui seraient les vilains populistes empêchant nos chères démocraties occidentales de tourner en rond. Ils seraient l’expression, tellement populaire et archaïque, du refus de la modernité et du progrès. En gros, ils refuseraient, entêtés qu’ils sont, les bienfaits de la globalisation de l’économie. Pauvres inconscients…

Les autres continents ont également leurs populistes. Aux États-unis, les républicains de Trump, au Brésil, les partisans de Jair Bolsonaro, fraîchement élu sur un programme ouvertement fascisant. Bref, dans quasiment tous les pays d’Amérique du Sud, il y a, ou il y a eu, des leaders populistes. En Afrique et en Asie, on ne sait pas trop… Ou Plutôt, l’absence de démocratie dans la plupart de ces pays fait qu’ils sont tous, peu ou prou, populistes. À l’exception notable de l’Inde et de quelques autres qui ne me viennent pas, à l’instant, à l’esprit, toutefois… De même, on sait que la Russie n’est pas démocratique mais, pour autant, Poutine est-il populiste ? Pas simple…

Ainsi, du haut de la fenêtre de l’occidental des classes moyennes et supérieures, rompu depuis des décennies aux rites démocratiques, ou prétendus tels, et aux alternances qui n’en sont pas puisqu’elles cautionnent invariablement, à quelques nuances près, le même système libéral inique, socialement, et mortifère, écologiquement, le monde serait divisé en deux. Les démocrates et les populistes. Les gentils citoyens démocrates respectueux des lois, des institutions, de la police, de la justice, et les méchants trublions populistes à qui, décidément, il est urgent de faire entendre raison, y compris par la coercition, voire par la force, quand la pédagogie et la communication ne suffisent plus.

Selon « l’Establishment » (ou « Établissement », en bon français…), autrement dit une certaine élite économique et politique qui se satisfait de l’ordre établi, qui le contrôle, et qui cherche à le maintenir, sont démocrates tous les leaders politiques, et leurs électeurs, qui s’inscrivent dans une démocratie bien-pensante, encadrée, régulée, ritualisée, assagie, bref… relativement consensuelle. À l’inverse, sont populistes tous les autres. Celles et ceux qu’il est convenu de taxer d’extrémistes de droite comme de gauche. Allez, hop ! Tout ça dans le même panier ! La carpe et le lapin, quoi… Marginalisez-moi toute cette engeance contestataire !

Entendons-nous bien… Je ne suis pas en train de dire que toutes ces mouvances politiques, dites populistes, sont vertueuses. Loin s’en faut ! La plupart d’entre elles sont coupables des pires outrances verbales racistes, xénophobes, antisémites, anti-féministes, homophobes (Bolsonaro, au Brésil, en tête), et des pires exactions. En outre, elles s’appuient sur un électorat peu cultivé, indigent, et, par définition, hautement influençable. Les exemples sont tristement nombreux… N’empêche, elles drainent, souvent à de tristes desseins, certes, les souffrances réelles d’un monde exclu de la prospérité, de la connaissance, et des conventions démocratiques occidentales. Des milliards d’individus !

Je dis que c’est trop facile. Que la ficelle pour lier l’esprit des opposants au système, est un peu grosse. Cette vision manichéenne du débat politique où il n’y aurait d’autres choix que de se soumettre au système ou d’en être exclu, est, pour le coup, éminemment anti-démocratique.

Dans nos démocraties, tout se passe comme s’il n’y avait, de fait, pas d’alternative au système capitaliste. Il y aurait le vote utile, celui, raisonnable et mature, qui contribue à installer au pouvoir des femmes et des hommes qui obéissent, bon gré, mal gré, aux lois, semble t-il, immuables du Marché et il y aurait  le vote inconsidéré, presque puéril, populiste, qui nourrirait l’espoir insensé d’explorer d’autres paradigmes politiques et économiques, et qu’il faut urgemment condamner.

Pour résumer, je hais la démagogie d’un Bolsonaro, d’un Trump, d’une Le Pen, ou d’un Laurent Wauquiez, et j’en passe… Mais force est de constater que leur audience respective repose sur un vrai mal-être de milliards d’êtres humains, sur toute la planète, qui voient passer les trains de la croissance et de la richesse, depuis des décennies, sans jamais pouvoir se payer un billet pour y accéder. Et ça, et ça… ça ne peut pas durer très longtemps.

On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas…

 

 

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L’insondable fumisterie des sondages…

sondageDepuis une quarantaine d’années, les instituts de sondage font la pluie et le beau temps dans tous les médias et prétendent définir des « majorités de pensée ».

Les français penseraient ceci ou cela…

Ils sont sommés de se prononcer sur le bien-fondé de la limitation de vitesse à 80 sur les départementales ou sur les bienfaits du cannabis dans les services de soins palliatifs. Ils seraient majoritairement pour ou contre le mariage pour tous, la vaccination des nouveaux-nés, le droit à l’euthanasie, à l’avortement, à la procréation assistée, à telle ou telle politique relative à l’immigration, les jeux olympiques à Paris en 2024, le maintien de Christine Angot dans « On n’est pas couché » à la prochaine rentrée, les seins nus sur les plages, cet été encore, le port de caleçon pour les hommes (faut-il préférer les boxers ?), les tatouages pour les femmes (est-ce que ça ne fait pas trop vulgaire ?), la campagne, la montagne ou la mer pour les vacances, récurrent dilemme, la réforme de la SNCF, la retraite à 67 ans, le tout-nucléaire ou les énergies alternatives, le glyphosate, oui ou non, trop de mosquées en France ou pas assez, un mandat présidentiel de cinq ans renouvelable une fois ou un septennat unique… Ouf !

Bref ! Les français devraient avoir un avis sur tout et n’importe quoi, en permanence et spontanément, alors qu’ils sont, pour la plupart, tout bonnement infoutus de saisir la question qui leur est posée. Comment, en effet, répondre sensément, dans l’instant et de façon binaire, oui, non, à une question telle que celle de la transition écologique, par exemple, quand on ne sait rien des enjeux et des perspectives que cela implique ? Et qu’on s’en fout, qui plus est ! Quand on est davantage préoccupé par le jeu de jambes de Kylian Mbappé que par le réchauffement climatique, quelle légitimité peut-on avoir dans le débat public ? Et pourtant…

Et pourtant, tous ces gens contribuent à former ce qu’on appelle l’opinion. Bien sûr, il y a dans ces panels consultés et scientifiquement sélectionnés, nous dit-on, des individus aptes à donner une réponse judicieuse à une question, le plus souvent, très fermée. Soit pour dire un « oui » ou un « non » issu d’une réflexion antérieure ou soit, en toute honnêteté intellectuelle, pour dire « je ne sais pas » quand la question leur est étrangère. Mais combien sont-ils sur 1000 ou 1200, c’est l’échantillonnage le plus pratiqué, à être suffisamment avisés pour refuser de répondre par l’affirmative ou la négative à une question à laquelle, ni de près, ni de loin, ils n’ont jamais réfléchi et qui, par conséquent, sont, sur le sujet, incompétents ? Peu… Très peu, m’est avis. En réalité, le seul vrai sondage utile serait celui qui pourrait déterminer la crédibilité des sondés dans les sondages, précisément. Mais autant, pour les instituts de sondage à but exagérément lucratifs, se tirer une balle dans le pied…

C’est la loi du genre, n’importe qui est invité à dire n’importe quoi sur à peu près tout, en toute méconnaissance de cause, et, le pire, c’est qu’on a la prétention d’en tirer des tendances, des enseignements !

Mais il y a le pire du pire ! Ces sondages d’opinion viciés définissent dans l’inconscient collectif, comme on dit, même si la formule est éculée, ce qu’il est bon et juste de penser en excluant toute autre forme de raisonnement contradictoire, iconoclaste. Autrement dit, si tu ne te rallies pas à l’opinion générale, tu es marginalisé et tu as toutes les peines du monde à défendre ton point de vue original. En vrai, les sondages sont les barbelés de la pensée commune. Ils protègent les imbéciles et dissuadent les libres-penseurs…

Il y a un parallèle évident entre la généralisation des sondages et le système démocratique que nous connaissons tous en France, comme ailleurs. Mais c’est un autre débat et, peut-être, l’objet d’une autre chronique…

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80 kms/heure, prévention ou forfaiture ?

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Dans une huitaine de jours, la limitation de vitesse sur les routes bidirectionnelles et sans barrière anti-franchissement médiane, soit la quasi-totalité du réseau routier hors agglomérations et autoroutier, sera effective. On passera de 90 à 80 kilomètres/heure. Bien…

Sur quoi exactement repose cette nouvelle Loi du Code de la route ?

Il serait établi que la vitesse excessive sur les départementales, une bonne partie des nationales, et toutes les communales, serait la cause première des accidents de la route et d’un nombre croissant de tués. A priori, ça peut se concevoir et l’on se laisserait presque convaincre. Après tout, quoi de plus louable pour un État que de vouloir protéger ses citoyens et leur épargner les drames liés à la vitesse ?

Sauf que, sauf que… À y regarder de plus près, ça ne paraît pas aussi limpide. Cette nouvelle mesure est censée être motivée par les conclusions de l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière). Une institution on ne peut plus officielle puisqu’elle dépend du Ministère de l’Intérieur. Et voici ses conclusions :

« Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité routière, une expérimentation de diminution de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h sur quelques itinéraires de routes nationales bidirectionnelles a été décidée. Cette expérimentation s’est déroulée sur la RN7 dans la Drôme (26), la RN57 dans la Haute-Saône (70) et la RN151 dans l’Yonne (89) et la Nièvre (58).

L’analyse des résultats des mesures des vitesses observées montre que la baisse de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h a engendré une baisse moyenne des vitesses pratiquées pour tous les véhicules de 4,7 km/h (C’est tout ! NDLR...). Cette baisse, sur tous les tronçons, concerne tous les usagers.

Aussi, un suivi de l’accidentalité sur les tronçons de l’expérimentation a été réalisé par l’ONISR. Le bilan affiche une tendance positive, mais les nombres d’accidents considérés étant peu élevés, la baisse de l’accidentalité observée n’est pas statistiquement significative ».

Ainsi, la vitesse maximale passera de 90 à 80 km/h sur la plus grande partie du réseau routier, qu’il soit en bon état ou pas et quelle que soit sa configuration (lignes droites en plaine ou, au contraire, tracés de montagne, visibilité ou non, etc…) sans qu’il y ait la moindre preuve statistique de la corrélation entre la diminution de la vitesse et l’accidentologie.

La vérité est donc ailleurs…

On est tentés… Oui, dès lors, on est tentés de de voir dans cette nouvelle Loi du Code de la route, venant s’ajouter à toutes celles existantes et aussi coercitives les unes que les autres, des motivations bien moins altruistes que celles affichées par le gouvernement. Au contraire, il semble bien que cette limitation à 80 km/h soit le moyen pour l’État d’augmenter encore et très sensiblement le rendement des radars déjà installés (4450 !) et qui, à l’avenir, devraient être progressivement remplacés par des modèles à double sens (journal Les Échos, 24/05/18). Bingo !

Les recettes générées par les radars automatiques étaient de 740 millions d’euros en 2014, 789 en 2015, 920 en 2016 et de 1 milliard et 13 millions en 2017. Une croissance à faire pâlir de jalousie n’importe quelle entreprise privée, non ? Et, dans le même temps, l’ONISR, encore lui, constate une augmentation du nombre de tués sur la route de 18,1% en Avril 2017 par rapport à Avril 2016. Autant dire, que la répression routière en terme de résultats n’est pas vraiment efficiente.

Qu’importe ! Comme il est dit dans la vidéo, même si le gouvernement nous ment de façon éhontée et que ses cupides desseins sont mis au jour, l’automobiliste moyen sera de plus en plus pressuré et en proie à une permanente anxiété chaque fois qu’il prendra le volant pour aller d’un point A à un point B.

Car, il n’y a pas seulement les limitations de vitesse devant être respectées à 5 kms/h près, encore faut-il être à jeun, ça va de soi, avoir mis sa ceinture de sécurité et s’être assuré que les enfants l’ont mise à l’arrière, avoir fait faire le contrôle technique biannuel (de plus en plus exigent et, donc, de plus en plus onéreux, soit dit en passant…), ne pas avoir de portable à portée de main, ne pas manger ni boire en conduisant, avoir tous ses papiers (permis, assurance, carte grise) en cours de validation, là, maintenant, au moment du contrôle de police, ne pas conduire en tong, avoir vérifié, avant de prendre la route, que les stops, les feux de position et d’éclairage, les clignotants sont opérationnels, avoir regonflé ses pneus à la bonne pression, ne pas avoir surchargé son véhicule lors d’un départ en vacances, respecter tous les panneaux de signalisation, même les plus ineptes… Bref ! La liste des infractions potentielles n’est pas exhaustive mais c’est autant de prétextes pour être verbalisé par un policier ou un gendarme zélé. Rouler aujourd’hui reviendrait presque à connaître les mêmes frayeurs qu’Yves Montant dans le « Salaire de la peur », pour ceux qui s’en souviennent.

Il faut une conclusion même si le sujet n’est pas épuisé, loin de là…

Elle est simple et cruelle. Bientôt, seuls les plus nantis pourront se payer le luxe de se déplacer en voiture. Car ils auront les moyens financiers pour avoir un véhicule irréprochable, ils pourront se permettre de régler sans douleur leurs contraventions, faire le plein sans regarder à la dépense, ils pourront récupérer leurs points de permis dans des stages hors de prix et, en cas de grosse infraction, ils pourront même se payer un bon avocat pour être, au bout du bout des procédures, tiré d’affaire. Les autres n’auront qu’à se démerder.  La Loi est la même pour tous, pas vrai ?

Au fond, cette nouvelle Loi n’est qu’une illustration de plus de la rapacité insondable des gens qui nous gouvernent et de leur profond mépris de classe…

 

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L’aliénation du travail…

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À quoi reconnaît-on un génie ?

Pour ma part, mais je suis ouvert à toutes les propositions, je considère qu’un génie est celui (ou celle, on est d’accord…) qui est capable en quelques mots, « Être ou ne pas être », en quelques coups de pinceaux, le sourire de « Mona Lisa », en une formule mathématique, « E=mc2″, en un roman, « Bonjour tristesse », en une vision politique, « Le Capital » ou en quelques images, voir la vidéo, de mettre en lumière une vérité universelle jusqu’alors insoupçonnée ou tue. Mais certaines vérités, bien qu’universelles, ne sont pas toujours les bienvenues. Soit parce qu’elles dérangent, bouleversent un ordre établi, ou soit… et bien décidément, oui, parce qu’elles représentent le grain de sable qui empêche de penser en rond.

Cet extrait des « Temps modernes » de Charlie Chaplin n’est pas seulement l’illustration de l’asservissement des ouvriers d’antan dans les usines de l’ère industrielle, fin dix-neuvième, début vingtième, mais tout autant celui des salariés maintenus sous pression managériale dans les open spaces des start-up d’aujourd’hui. C’est ça, une idée géniale ! Elle peut se décliner à l’infini…

Le travail harassant et mortifère des mines, des usines et des champs a, certes, disparu, du moins en France, et c’est tant mieux. Et si je peux me permettre cette incise, c’est uniquement grâce aux luttes syndicales passées et, aujourd’hui, tellement décriées et méprisées. Passons… N’empêche le travail de chacun, même s’il a changé de nature et de cadre, est plus que jamais un instrument de soumission. De soumission à un chef, à une entreprise, à un système qui daigne arbitrairement vous rémunérer en échange d’un service. Et quand je dis « arbitrairement », c’est le cas. Que vous soyez « Technicien de surface » ou « PDG de ladite grande surface », ce n’est pas vous qui décidez (ou à la marge dans la deuxième configuration…) ce que représente en espèces sonnantes et trébuchantes la sueur, l’investissement, l’abnégation que nécessite le poste. Non. Ça dépend… Ça dépend du bon vouloir de votre patron, du contexte économique, tout ça, de l’offre et de la demande. Car, dans l’entreprise, nous ne sommes que des produits à l’instar d’une cargaison de tomates hollandaises ou d’un arrivage de moules normandes dont le prix évolue en fonction du Marché. Vous, moi, nous tous, ne sommes dans le monde du travail que des variables d’ajustement. Si le contexte est favorable, si la demande est plus forte que l’offre, votre emploi est maintenu et on vous propose même de faire des heures supplémentaires, petits veinards que vous êtes. En revanche, à l’inverse, en cas de baisse d’activité, vous êtes remerciés, invités à vous inscrire à Pôle-Emploi et condamnés à regarder passer le train de la modernité.

Encore une fois, cette logique implacable du capitalisme ne s’applique pas seulement à l’industrie, au secteur marchand et financier ou au monde agricole, non. Elle s’exerce également dans des domaines que l’on croyait, il n’y a pas si longtemps, épargnés par cette injonction impérieuse de rentabilité. Je pense à l’activité artistique. Les compositeurs de musique, les chanteurs, les écrivains, les peintres, les sculpteurs, les cinéastes, les comédiens, du moins pour les plus connus d’entre eux, liés par des contrats de production permanente, sont aussi inféodés à des labels, à des maisons d’édition, à des galeries, ou à des majors. Pour ces artistes, dont le sort n’est cependant pas comparable à celui d’un smicard en CDD, le travail n’est plus vraiment émancipateur, inventif, généreux, mais bien davantage de commande. Doit-on s’étonner, dès lors, de voir disparaître peu à peu ce qui est le fondement même de l’Art, la liberté de créer…

Tous les « travails » (j’assume ce pluriel de travail car « travaux » a une autre connotation…) sont aujourd’hui, d’une façon ou d’une autre, aliénants. Le travail, même réglementé avec les 35 heures, tout ça, n’est rien de moins qu’une tyrannie. Pour l’immense majorité des salariés, mais pas que, le monde du travail n’est fait que de recommandations, d’injonctions, de suggestions, d’intimidations, de menaces plus ou moins déguisées, de pressions de toute sorte, de mises en compétition… Le travailleur a l’irréfragable obligation d’être efficace, rapide, performant, ponctuel, assidu, respectueux envers sa hiérarchie, pas trop exigent, et tout ça, si possible, avec le sourire. Si ça, ce n’est pas de l’assujettissement, de l’aliénation, dites-moi ce que c’est…

Mais j’entends… J’entends celles et ceux qui s’inscrivent en faux. Bien sûr !

« Quoi ? Mais, moi, j’aime mon travail ! Mon travail, c’est ma vie ! Outre le fait qu’il contribue à mon développement personnel, il m’a permis de nourrir ma famille, d’acheter une maison et de payer des études à mes enfants ! » Ou bien encore… « Mais quoi, à la fin ! Vous voulez supprimer le travail ? Vous voulez payer les gens à ne rien faire, c’est ça ? » Ces questions sont légitimes et à chacune d’entre elles des réponses d’ordre économique, politique et technique peuvent être apportées. Des réponses qui ne remettent pas en cause le Travail en tant que tel mais bel et bien sa dénaturation dans le système capitaliste. Car le Travail (oublions son étymologie latine, « trepalium », un instrument de torture, bien trop réductrice et discutable…) doit, devrait être, avant toute chose, un vecteur d’émancipation et de liberté et pas seulement la manière d’assouvir une pulsion pathologique d’accumulation de richesses, pour certains, et pour tous les autres, les trois quarts de l’humanité, le moyen de subsister, tout simplement. « Le domaine de la liberté commence là où s’arrête le travail déterminé par la nécessité », dixit ce bon vieux Karl Marx, 1818-1883. À méditer…

Cet article, ce travail, je l’ai fait en toute liberté. J’y ai consacré du temps en gymnastique cérébrale dans l’extrême limite de mon petit potentiel neuronal. Personne ne m’a rien demandé. En même temps, vous me direz, pourquoi l’on aurait-on fait ? Hein ? Sourire… N’empêche ! N’empêche, même si je doute très sincèrement que ce travail ait un grand écho, j’en suis satisfait. Car, le temps de sa rédaction, il m’a rendu heureux.

C’est ça ! Le travail ne doit pas être aliéné mais, bien au contraire, libre ! Pas de bonheur sans liberté. Pour le travail, pour tous les « travails » manuels, intellectuels, comme pour tout le reste ! Aussi folle, utopique, que cette idée puisse paraître, elle est cependant envisageable. À condition, bien sûr, de briser le carcan du modèle capitaliste et/ou de s’extraire de son emprise idéologique…Bref ! À condition de penser ailleurs…

 

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Mieux que la censure, l’autocensure…

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censeur

Oubliez l’image du censeur en blouse grise et aux doigts tachées d’encre, fonctionnaire d’État au service de la pensée moralisatrice, caviardant ou cisaillant avec délectation les publications littéraires ou de presse, jugées irrecevables, dans les combles d’un bâtiment ministériel ! C’est fini, tout ça !

On nous le dit et le répète chaque jour, les libertés fondamentales de liberté de pensée et d’expression sont garanties par la Constitution française. Est-ce qu’on n’autorise pas la subversive Anne Roumanoff à critiquer vertement Macron chez Drucker sans qu’elle soit le moins du monde inquiétée ? C’est pas une preuve ça ?

En vérité, la nouvelle censure avance depuis longtemps le visage masqué et, ce, dans l’indifférence quasi-générale. Ceci, d’ailleurs, expliquant cela.

Pour tout ce qui est relatif aux mœurs, aux rapports sociaux, le « politiquement correct » (voir mon article du 15/05/18) a fait son œuvre. Tant et si bien qu’aujourd’hui l’autocensure interdit, de facto, nombre de conflits potentiels. Autrement dit, sous peine d’être conspué, voire condamné, par la pensée dominante, mieux vaut en dire le moins possible ou de la façon la plus édulcorée qui soit sur les sujets qui fâchent. La religion, le communautarisme, le sexe, l’argent, etc…

En revanche, face à l’acuité, la pertinence et l’impertinence d’un certain journalisme d’investigation, alimenté par un nombre croissant de « lanceurs d’alerte », le Capitalisme se devait de réagir et de légiférer. Ou plutôt de faire légiférer ses amis objectifs de l’Assemblée Nationale et du Sénat. C’est cette Loi sur le « Secret des affaires » votée en mars dernier et soigneusement épluchée dans la vidéo ci-dessus. Ainsi, nul ne pourra plus dénoncer publiquement les petites combines, les malversations, les pratiques douteuses et/ou nocives des entreprises sans risquer d’encourir de lourdes peines financières et/ou carcérales.

Mais, là encore, cette censure ne dit pas son nom ! Cette Loi est vendue au citoyen comme un outil garantissant aux entreprises et surtout aux multi-nationales d’être mieux défendues face à la concurrence des prédateurs étrangers. Et donc de favoriser la croissance de l’économie française, et donc de conserver les emplois, voir d’en créer, et donc de faire diminuer le chômage et gna gna gna et gna gna gna… Bref, le sempiternel argumentaire, l’écran de fumée habituel, pour cacher le vrai, le seul, mais inavouable dessein du capitalisme. En substance, celui de permettre aux riches, au pire, de le rester et, au mieux, de l’être davantage à l’avenir. Car, il ne s’agit que de ça ! De fait, il est impossible de s’enrichir outrageusement sans s’affranchir, peu ou prou, à un moment ou à un autre, des obligations légales ou morales imposées à tous. C’est incontestable. Qu’on me prouve le contraire… Et c’est cette vérité qu’il faut taire et faire taire ceux qui seraient tentés de la faire parler.

Il est fort probable que la presse, dans son ensemble, déjà muselée par les grands groupes financiers qui la possèdent, intégrera ce nouveau paradigme que représente cette Loi sur le « Secret des affaires » et qu’elle se montrera encore plus timorée demain qu’elle ne l’est aujourd’hui. Autrement dit, elle s’autocensurera un peu plus rendant ainsi le concept même de censure caduc, désuet, nul et non avenu. Car, ce n’est pas tant devant les tribunaux que le Capital veut exercer sa domination mais bien davantage dans les esprits.

 

 

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Tu causes globish ?

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Le « Globish« , c’est la contraction de ces deux mots, « Global english ». Une « Novlangue » dont le concept avait déjà été imaginé par George Orwell dans son célèbre roman « 1984″, souvenez-vous.

La pratique du globish répond d’abord à une exigence, celle de la mondialisation. Ben oui… Par exemple, un commercial d’une entreprise française à vocation internationale, qui sillonne le monde pour vendre ses produits, doit se faire comprendre par les décideurs étrangers le plus efficacement et le plus rapidement possible. Auquel cas, il ne s’embarrasse pas de métaphores, d’allégories, de métonymies, de périphrases, d’antonomases, d’épanadiploses, d’euphémismes, de litotes (à ne surtout pas confondre avec l’euphémisme !), d’oxymores, de chiasmes (oh, le vilain mot !), de paradoxes, d’hyperboles… et autres figures de style qui enrichissent l’art du discours.

Je ne vais pas vous mentir, je ne veux pas faire le « quéqué » (une apocope !), sur les douze procédés rhétoriques que je viens de citer, je n’en connaissais qu’un sur deux. Alors, tout ça pour dire quoi, pensez-vous… J’y viens.

Dans la vidéo (2 mn 47), ci-dessus, Barbara Cassin, philosophe, dénonce principalement la suprématie grandissante du globish sur toutes les autres langues qu’elles soient françaises, allemandes, espagnoles, chinoises… et même, paradoxalement, anglaises. Ces langues originelles, avec leur richesse, leur diversité, leur inventivité propres, pouvant être à terme réduites à des dialectes que l’on pratique en famille ou dans l’alcôve.

On pourrait alors, c’est moi qui l’ajoute, parler de « génocide linguistique », toute comparaison gardée, ça va de soi, avec les génocides au sens littéral du mot. Ce danger existe réellement ! Et il n’est pas tant dû à l’usage généralisé du globish par les affairistes qu’à son adoption par une proportion croissante des français, y compris comme outil de communication quotidien et privé, et surtout par les jeunes. Il suffit d’écouter leurs conversations à la sortie du lycée pour s’en convaincre. Leur langage est de plus en plus émaillé de mots anglais, d’anglicismes ou de néologismes d’inspiration anglo-saxonne, sans même qu’ils en aient conscience, et, dès lors, on est pas très loin du globish.

Ce n’est pas évoqué dans la vidéo mais il y a un dommage plus… culturel dans la propagation exponentielle de ce jargon universel. À la louche, le globish se résume à 1500 mots. 1500 mots, ça peut suffire, en effet, pour persuader un distributeur chinois d’acheter des dizaines de caisses d’un grand cru bordelais. On peut même la fermer et simplement lui faire goûter. Mais quand il s’agit d’écrire une lettre d’amour, d’évoquer ses état d’âme, d’avoir une conversation politique, philosophique avec un ami, de s’exprimer en public pour défendre un point de vue, de raconter vos dernières vacances aux Caraïbes dans l’espoir de faire appréhender votre enthousiasme par votre auditoire… Alors là, alors là, (épanalepse ?) ce n’est pas la même la même cantine… Dans toutes ces occasions qui représentent les vrais moments de vie et d’échanges, ceux qui n’ont rien à voir avec de basses transactions mercantiles et qui nous élèvent, au contraire, au rang de dignes êtres humains, les subtilités et les complexités de la langue sont indispensables…mieux… essentielles !

La « Novlang » (Newspeak, en anglais), dans l’esprit de George Orwell (« 1984″, je le rappelle…), c’était l’idée selon laquelle plus on réduit le vocabulaire d’une langue, plus on esquiche ses finesses et ses interactions conceptuelles, moins les gens sont enclins à l’abstraction et, donc, à la réflexion. Et un peuple qui ne pense pas est un peuple soumis.

Quand la réalité singe la fiction… Aujourd’hui, « Big Brother », c’est « l’Oncle Sam » et la « Novlang », c’est le « Globish ».

Pétrifiant, non ?

 

 

 

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T’es trop con, j’vais t’expliquer…

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Ainsi, selon Macron (voir la vidéo d’une minute et une poignée de secondes), nous, les français moyens, détestons les réformes. C’est comme ça. Dès que nous pouvons éviter les réformes, nous ne les faisons pas ! Nous sommes décidément incorrigibles.

Alors… Alors, fort heureusement, Macron se chargera, une fois encore, de nous expliquer ce que nous refusons obstinément de comprendre.

Les réformes, c’est l’avenir, notre avenir à nous, français ! Sans réformes, nous raterons le train de la modernité. Peut-être même serons-nous assujettis aux nouvelles puissances économiques émergentes qui n’attendent qu’un signe de faiblesse de notre part pour s’emparer de nos marchés, voire pour nous imposer leur culture ! Est-ce que c’est ce que nous voulons ? Voilà, en substance, le discours que tenait Macron, le 24 Août 2017, en Roumanie, à je ne sais quel colloque européen.

Première observation…

Cela a déjà été dit mais il faut le rappeler, Le Président de la République française choisit donc de dénigrer ses concitoyens en… Roumanie. Dès lors, on est en droit de se demander s’il a toujours ce genre de propos nous concernant chaque fois qu’on a le dos tourné. De même, on peut légitimement, à l’avenir, exiger de lui qu’il s’adresse à nous directement quand il a quelque chose à nous dire. En France, sur un plateau de télévision ou dans un studio de radio français, par exemple. Ce serait plus courageux et plus… élégant.

Maintenant, sur le fond…

« Nous n’avons pas su suffisamment expliquer aux français. » À l’occasion d’une grève qui s’éternise ou d’une déculottée électorale, combien de fois avons-nous entendu ces propos lénifiants prononcés par un ministre en difficulté ou un député renvoyé dans ses pénates ?

Ainsi, nous serions incapables de comprendre les grands enjeux économiques et politiques et, aux grands enfants inconséquents que nous sommes, il faudrait donc démontrer patiemment l’incommutabilité des réformes engagées par le gouvernement. Car, nous devons tous en être convaincus, toutes ces réformes, c’est pour notre bien… Mais quelle arrogance ! Quelle morgue ! Quel mépris pour les citoyens que nous sommes !

Mais bon Dieu de bois ! Pour seul exemple, les cheminots ne rejettent pas la réforme SNCF parce qu’ils ne l’ont pas comprise ! Ils savent très bien de quoi il retourne ! C’est même parce qu’ils l’ont parfaitement comprise qu’ils se mobilisent contre sa mise en œuvre ! Ils vont à terme perdre leur statut, ce qui représente objectivement une régression sociale, et ils vont être confrontés à la concurrence déloyale de multinationales peu enclines à respecter le Code du Travail. Et tout ça pour quoi et au détriment de qui ? Pour le profit des actionnaires privés et aux dépens des usagers, bien sûr ! Il suffit de relever les conséquences néfastes de la privatisation, même partielle, des réseaux ferrés danois et britanniques, en terme de service rendu, pour s’en convaincre.

Voilà ce qu’ils ont compris, les cheminots ! Alors, on aura beau leur expliquer, en long et en large, aux cheminots comme aux usagers d’ailleurs, avec des mots choisis et des formules apaisantes, le bien fondé de cette putain de réforme, il n’en demeure pas moins vrai que c’est une monumentale erreur politique qui entraînera fatalement des dommages insoupçonnés et qui devra, un jour, être sanctionnée électoralement. Pour le moins…

Ce n’est pas que nous ne comprenons pas vos réformes, Président ! Nous en saisissons, bien au contraire, tous les tenants et aboutissants. Nous savons qu’elles obéissent invariablement à la logique capitaliste qui consiste à démanteler les services publics, dans un processus inexorable de désengagement de l’État, au profit (dans toutes les acceptions du mot…) de sociétés privées françaises et étrangères. Nous savons aussi, en fins observateurs que nous sommes, que les pays les plus libéraux économiquement créent une misère sociale, culturelle, endémique pour le plus grand nombre tout en facilitant l’enrichissement exponentiel d’une minorité de possédants. Voir, les États-Unis, pour ne citer qu’eux… Ça, nous l’avons bel et bien compris. Et aucune explication fumeuse d’aucune sorte ne pourra nous faire penser autrement.

T’es trop con, j’vais t’expliquer… C’est la traduction faubourienne, certes, mais néanmoins pertinente, des propos suffisants et faussement pédagogiques tenus en permanence par les décideurs, en général, et Macron en particulier. Or, qu’on se le dise, nous ne sommes pas stupides et nous ne sommes plus disponibles pour écouter de byzantines explications visant à nous faire admettre l’inadmissible.  À bon entendeur… 

 

 

 

 

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Macron démasqué…

Exceptionnellement, cette vidéo est un peu longue, 30 minutes. Elle vaut cependant la peine d’être visionnée jusqu’à son terme.

Tout aussi exceptionnellement, mon commentaire sera beaucoup plus court que d’habitude tant il y a peu à ajouter à la brillante démonstration de cette jeune fille, Tatiana Ventôse, réalisée sur son site, « Le fil d’Actu« . Un site que je vous recommande chaleureusement par ailleurs. Les sujets d’actualité y sont traités de façon remarquable. C’est toujours étayé, intelligent et délicieusement subversif. Et ce qui ne gâte rien, c’est souvent coloré d’un humour distancié qui flatte les neurones. Bref… Courez-y !

Après avoir vu cette vidéo, vous saurez qui est vraiment notre Président. Et, surtout, pourquoi et pour qui il a été élu…  

 

 

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La divergence des luttes…

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Dans cette vidéo de quelques minutes sur la manif’ de la République, à Paris, le 26 Mai 2018, on voit apparaître des slogans d’associations, dans le désordre, pour les sans papiers, pour la libération de Tariq Ramadan (si, si !), pour les palestiniens, contre la verbalisation des clients de prostitué(e)s… et c’est bien loin d’être exhaustif. À cela, il faut ajouter toutes les revendications habituelles, disons ça comme ça, des syndicats de travailleurs et d’étudiants et des partis politiques institutionnels.

Pour céder à la caricature, il y avait presque autant de slogans revendicatifs, dans cette manif’, que de manifestants ! Un vrai bordel ! Affligeant…

Autant dire qu’Emmanuel et Édouard rigolent sous cape ! Ils ne pouvaient pas rêver mieux ! Cette hétérogénéité des colères populaires, c’est du « pain béni » pour eux ! « Divide et impera », diviser pour régner, dixit Philippe II de Macédoine (merci, Wikipédia…), mort, il y a… allez… à la louche, 2400 ans ! Une stratégie de pouvoir qui devient axiomatique tant elle n’a jamais été mise en défaut depuis des siècles, voire des millénaires.

Puisqu’on en est à l’évocation d’illustres penseurs antiques, rendons à César ce qui est à César, Macron n’est donc pas le stratège politique novateur que certains se plaisent à célébrer, non. Comme ses prédécesseurs, Mitterrand faisant figure de maître en la matière, pour les plus contemporains, il profite simplement de la disparité des sources de mécontentement pour asseoir son pouvoir. Deux hommes, deux époques, et le même mantra, Diviser pour régner, donc…

Rappelons-nous …

Mitterrand fait voter, en 1986,  la « Proportionnelle » à l’Assemblée Nationale dans l’espoir d’ajouter de la confusion et de la division dans l’opposition qui se fait de plus en plus pressante à la veille des Législatives. Bingo ! Il fait surgir Le FN qui siphonne, à la fois, une partie non négligeable des voix communistes et de l’extrême-gauche et, cerise sur le gâteau, une frange non moins négligeable des voix de la droite la plus conservatrice. Résultat, le PS évite la déculottée annoncée même s’il doit concéder la première cohabitation gouvernementale.

Macron, quant à lui, , en 2017, juste avant les Présidentielles, atomise le Parti Socialiste et Les Républicains en créant non pas un nouveau parti politique, c’est bien trop ringard, mais une espèce de nébuleuse centriste, La République En Marche, ralliant des caciques du PS et de LR souffrant de troubles de latéralité politique. Et, pour le coup, ça marche ! Contre toute attente, il se fait élire, au deuxième tour, par 20.740.000 électeurs (sur 47.580.000 inscrits. Ben oui, ça calme…) qui, les uns, ont eu une peur bleue-marine du FN et, les autres, fatigués par les clivages gauche-droite prétendûment stériles.

Avec, si l’on tient compte des non-inscrits, des abstentions, des votes blancs, des votes nuls et des votes par défaut, Macron n’a remporté l’adhésion que de 15 à 20 % des français, moins d’un français sur cinq ! Mais ça suffit. C’est comme ça. C’est la « démocratie »…

Mais la divergence des luttes n’est pas seulement imputable à nos fins stratèges politiques, loin de là ! Le Capital, en exacerbant les individualismes, les conflits d’intérêts et de classe, en segmentant les besoins, les désirs et les rêves des uns et des autres pour mieux vendre ses produits idoines, est LE vrai coupable. Le Capital ne conçoit la collectivité qu’en terme de communautés, bien circonscrites et aisément marchandisables. Le Capital, comme le pouvoir politique, craint, avant toute chose, la concordance des aspirations…

Après, après… Et vous me pardonnerez cette conclusion pour le moins sibylline, tout reste à faire…

 

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