Archive | juin 2018

80 kms/heure, prévention ou forfaiture ?

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Dans une huitaine de jours, la limitation de vitesse sur les routes bidirectionnelles et sans barrière anti-franchissement médiane, soit la quasi-totalité du réseau routier hors agglomérations et autoroutier, sera effective. On passera de 90 à 80 kilomètres/heure. Bien…

Sur quoi exactement repose cette nouvelle Loi du Code de la route ?

Il serait établi que la vitesse excessive sur les départementales, une bonne partie des nationales, et toutes les communales, serait la cause première des accidents de la route et d’un nombre croissant de tués. A priori, ça peut se concevoir et l’on se laisserait presque convaincre. Après tout, quoi de plus louable pour un État que de vouloir protéger ses citoyens et leur épargner les drames liés à la vitesse ?

Sauf que, sauf que… À y regarder de plus près, ça ne paraît pas aussi limpide. Cette nouvelle mesure est censée être motivée par les conclusions de l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière). Une institution on ne peut plus officielle puisqu’elle dépend du Ministère de l’Intérieur. Et voici ses conclusions :

« Dans le cadre de la lutte contre l’insécurité routière, une expérimentation de diminution de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h sur quelques itinéraires de routes nationales bidirectionnelles a été décidée. Cette expérimentation s’est déroulée sur la RN7 dans la Drôme (26), la RN57 dans la Haute-Saône (70) et la RN151 dans l’Yonne (89) et la Nièvre (58).

L’analyse des résultats des mesures des vitesses observées montre que la baisse de la vitesse limite autorisée de 90 km/h à 80 km/h a engendré une baisse moyenne des vitesses pratiquées pour tous les véhicules de 4,7 km/h (C’est tout ! NDLR...). Cette baisse, sur tous les tronçons, concerne tous les usagers.

Aussi, un suivi de l’accidentalité sur les tronçons de l’expérimentation a été réalisé par l’ONISR. Le bilan affiche une tendance positive, mais les nombres d’accidents considérés étant peu élevés, la baisse de l’accidentalité observée n’est pas statistiquement significative ».

Ainsi, la vitesse maximale passera de 90 à 80 km/h sur la plus grande partie du réseau routier, qu’il soit en bon état ou pas et quelle que soit sa configuration (lignes droites en plaine ou, au contraire, tracés de montagne, visibilité ou non, etc…) sans qu’il y ait la moindre preuve statistique de la corrélation entre la diminution de la vitesse et l’accidentologie.

La vérité est donc ailleurs…

On est tentés… Oui, dès lors, on est tentés de de voir dans cette nouvelle Loi du Code de la route, venant s’ajouter à toutes celles existantes et aussi coercitives les unes que les autres, des motivations bien moins altruistes que celles affichées par le gouvernement. Au contraire, il semble bien que cette limitation à 80 km/h soit le moyen pour l’État d’augmenter encore et très sensiblement le rendement des radars déjà installés (4450 !) et qui, à l’avenir, devraient être progressivement remplacés par des modèles à double sens (journal Les Échos, 24/05/18). Bingo !

Les recettes générées par les radars automatiques étaient de 740 millions d’euros en 2014, 789 en 2015, 920 en 2016 et de 1 milliard et 13 millions en 2017. Une croissance à faire pâlir de jalousie n’importe quelle entreprise privée, non ? Et, dans le même temps, l’ONISR, encore lui, constate une augmentation du nombre de tués sur la route de 18,1% en Avril 2017 par rapport à Avril 2016. Autant dire, que la répression routière en terme de résultats n’est pas vraiment efficiente.

Qu’importe ! Comme il est dit dans la vidéo, même si le gouvernement nous ment de façon éhontée et que ses cupides desseins sont mis au jour, l’automobiliste moyen sera de plus en plus pressuré et en proie à une permanente anxiété chaque fois qu’il prendra le volant pour aller d’un point A à un point B.

Car, il n’y a pas seulement les limitations de vitesse devant être respectées à 5 kms/h près, encore faut-il être à jeun, ça va de soi, avoir mis sa ceinture de sécurité et s’être assuré que les enfants l’ont mise à l’arrière, avoir fait faire le contrôle technique biannuel (de plus en plus exigent et, donc, de plus en plus onéreux, soit dit en passant…), ne pas avoir de portable à portée de main, ne pas manger ni boire en conduisant, avoir tous ses papiers (permis, assurance, carte grise) en cours de validation, là, maintenant, au moment du contrôle de police, ne pas conduire en tong, avoir vérifié, avant de prendre la route, que les stops, les feux de position et d’éclairage, les clignotants sont opérationnels, avoir regonflé ses pneus à la bonne pression, ne pas avoir surchargé son véhicule lors d’un départ en vacances, respecter tous les panneaux de signalisation, même les plus ineptes… Bref ! La liste des infractions potentielles n’est pas exhaustive mais c’est autant de prétextes pour être verbalisé par un policier ou un gendarme zélé. Rouler aujourd’hui reviendrait presque à connaître les mêmes frayeurs qu’Yves Montant dans le « Salaire de la peur », pour ceux qui s’en souviennent.

Il faut une conclusion même si le sujet n’est pas épuisé, loin de là…

Elle est simple et cruelle. Bientôt, seuls les plus nantis pourront se payer le luxe de se déplacer en voiture. Car ils auront les moyens financiers pour avoir un véhicule irréprochable, ils pourront se permettre de régler sans douleur leurs contraventions, faire le plein sans regarder à la dépense, ils pourront récupérer leurs points de permis dans des stages hors de prix et, en cas de grosse infraction, ils pourront même se payer un bon avocat pour être, au bout du bout des procédures, tiré d’affaire. Les autres n’auront qu’à se démerder.  La Loi est la même pour tous, pas vrai ?

Au fond, cette nouvelle Loi n’est qu’une illustration de plus de la rapacité insondable des gens qui nous gouvernent et de leur profond mépris de classe…

 

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L’aliénation du travail…

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À quoi reconnaît-on un génie ?

Pour ma part, mais je suis ouvert à toutes les propositions, je considère qu’un génie est celui (ou celle, on est d’accord…) qui est capable en quelques mots, « Être ou ne pas être », en quelques coups de pinceaux, le sourire de « Mona Lisa », en une formule mathématique, « E=mc2″, en un roman, « Bonjour tristesse », en une vision politique, « Le Capital » ou en quelques images, voir la vidéo, de mettre en lumière une vérité universelle jusqu’alors insoupçonnée ou tue. Mais certaines vérités, bien qu’universelles, ne sont pas toujours les bienvenues. Soit parce qu’elles dérangent, bouleversent un ordre établi, ou soit… et bien décidément, oui, parce qu’elles représentent le grain de sable qui empêche de penser en rond.

Cet extrait des « Temps modernes » de Charlie Chaplin n’est pas seulement l’illustration de l’asservissement des ouvriers d’antan dans les usines de l’ère industrielle, fin dix-neuvième, début vingtième, mais tout autant celui des salariés maintenus sous pression managériale dans les open spaces des start-up d’aujourd’hui. C’est ça, une idée géniale ! Elle peut se décliner à l’infini…

Le travail harassant et mortifère des mines, des usines et des champs a, certes, disparu, du moins en France, et c’est tant mieux. Et si je peux me permettre cette incise, c’est uniquement grâce aux luttes syndicales passées et, aujourd’hui, tellement décriées et méprisées. Passons… N’empêche le travail de chacun, même s’il a changé de nature et de cadre, est plus que jamais un instrument de soumission. De soumission à un chef, à une entreprise, à un système qui daigne arbitrairement vous rémunérer en échange d’un service. Et quand je dis « arbitrairement », c’est le cas. Que vous soyez « Technicien de surface » ou « PDG de ladite grande surface », ce n’est pas vous qui décidez (ou à la marge dans la deuxième configuration…) ce que représente en espèces sonnantes et trébuchantes la sueur, l’investissement, l’abnégation que nécessite le poste. Non. Ça dépend… Ça dépend du bon vouloir de votre patron, du contexte économique, tout ça, de l’offre et de la demande. Car, dans l’entreprise, nous ne sommes que des produits à l’instar d’une cargaison de tomates hollandaises ou d’un arrivage de moules normandes dont le prix évolue en fonction du Marché. Vous, moi, nous tous, ne sommes dans le monde du travail que des variables d’ajustement. Si le contexte est favorable, si la demande est plus forte que l’offre, votre emploi est maintenu et on vous propose même de faire des heures supplémentaires, petits veinards que vous êtes. En revanche, à l’inverse, en cas de baisse d’activité, vous êtes remerciés, invités à vous inscrire à Pôle-Emploi et condamnés à regarder passer le train de la modernité.

Encore une fois, cette logique implacable du capitalisme ne s’applique pas seulement à l’industrie, au secteur marchand et financier ou au monde agricole, non. Elle s’exerce également dans des domaines que l’on croyait, il n’y a pas si longtemps, épargnés par cette injonction impérieuse de rentabilité. Je pense à l’activité artistique. Les compositeurs de musique, les chanteurs, les écrivains, les peintres, les sculpteurs, les cinéastes, les comédiens, du moins pour les plus connus d’entre eux, liés par des contrats de production permanente, sont aussi inféodés à des labels, à des maisons d’édition, à des galeries, ou à des majors. Pour ces artistes, dont le sort n’est cependant pas comparable à celui d’un smicard en CDD, le travail n’est plus vraiment émancipateur, inventif, généreux, mais bien davantage de commande. Doit-on s’étonner, dès lors, de voir disparaître peu à peu ce qui est le fondement même de l’Art, la liberté de créer…

Tous les « travails » (j’assume ce pluriel de travail car « travaux » a une autre connotation…) sont aujourd’hui, d’une façon ou d’une autre, aliénants. Le travail, même réglementé avec les 35 heures, tout ça, n’est rien de moins qu’une tyrannie. Pour l’immense majorité des salariés, mais pas que, le monde du travail n’est fait que de recommandations, d’injonctions, de suggestions, d’intimidations, de menaces plus ou moins déguisées, de pressions de toute sorte, de mises en compétition… Le travailleur a l’irréfragable obligation d’être efficace, rapide, performant, ponctuel, assidu, respectueux envers sa hiérarchie, pas trop exigent, et tout ça, si possible, avec le sourire. Si ça, ce n’est pas de l’assujettissement, de l’aliénation, dites-moi ce que c’est…

Mais j’entends… J’entends celles et ceux qui s’inscrivent en faux. Bien sûr !

« Quoi ? Mais, moi, j’aime mon travail ! Mon travail, c’est ma vie ! Outre le fait qu’il contribue à mon développement personnel, il m’a permis de nourrir ma famille, d’acheter une maison et de payer des études à mes enfants ! » Ou bien encore… « Mais quoi, à la fin ! Vous voulez supprimer le travail ? Vous voulez payer les gens à ne rien faire, c’est ça ? » Ces questions sont légitimes et à chacune d’entre elles des réponses d’ordre économique, politique et technique peuvent être apportées. Des réponses qui ne remettent pas en cause le Travail en tant que tel mais bel et bien sa dénaturation dans le système capitaliste. Car le Travail (oublions son étymologie latine, « trepalium », un instrument de torture, bien trop réductrice et discutable…) doit, devrait être, avant toute chose, un vecteur d’émancipation et de liberté et pas seulement la manière d’assouvir une pulsion pathologique d’accumulation de richesses, pour certains, et pour tous les autres, les trois quarts de l’humanité, le moyen de subsister, tout simplement. « Le domaine de la liberté commence là où s’arrête le travail déterminé par la nécessité », dixit ce bon vieux Karl Marx, 1818-1883. À méditer…

Cet article, ce travail, je l’ai fait en toute liberté. J’y ai consacré du temps en gymnastique cérébrale dans l’extrême limite de mon petit potentiel neuronal. Personne ne m’a rien demandé. En même temps, vous me direz, pourquoi l’on aurait-on fait ? Hein ? Sourire… N’empêche ! N’empêche, même si je doute très sincèrement que ce travail ait un grand écho, j’en suis satisfait. Car, le temps de sa rédaction, il m’a rendu heureux.

C’est ça ! Le travail ne doit pas être aliéné mais, bien au contraire, libre ! Pas de bonheur sans liberté. Pour le travail, pour tous les « travails » manuels, intellectuels, comme pour tout le reste ! Aussi folle, utopique, que cette idée puisse paraître, elle est cependant envisageable. À condition, bien sûr, de briser le carcan du modèle capitaliste et/ou de s’extraire de son emprise idéologique…Bref ! À condition de penser ailleurs…

 

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Mieux que la censure, l’autocensure…

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censeur

Oubliez l’image du censeur en blouse grise et aux doigts tachées d’encre, fonctionnaire d’État au service de la pensée moralisatrice, caviardant ou cisaillant avec délectation les publications littéraires ou de presse, jugées irrecevables, dans les combles d’un bâtiment ministériel ! C’est fini, tout ça !

On nous le dit et le répète chaque jour, les libertés fondamentales de liberté de pensée et d’expression sont garanties par la Constitution française. Est-ce qu’on n’autorise pas la subversive Anne Roumanoff à critiquer vertement Macron chez Drucker sans qu’elle soit le moins du monde inquiétée ? C’est pas une preuve ça ?

En vérité, la nouvelle censure avance depuis longtemps le visage masqué et, ce, dans l’indifférence quasi-générale. Ceci, d’ailleurs, expliquant cela.

Pour tout ce qui est relatif aux mœurs, aux rapports sociaux, le « politiquement correct » (voir mon article du 15/05/18) a fait son œuvre. Tant et si bien qu’aujourd’hui l’autocensure interdit, de facto, nombre de conflits potentiels. Autrement dit, sous peine d’être conspué, voire condamné, par la pensée dominante, mieux vaut en dire le moins possible ou de la façon la plus édulcorée qui soit sur les sujets qui fâchent. La religion, le communautarisme, le sexe, l’argent, etc…

En revanche, face à l’acuité, la pertinence et l’impertinence d’un certain journalisme d’investigation, alimenté par un nombre croissant de « lanceurs d’alerte », le Capitalisme se devait de réagir et de légiférer. Ou plutôt de faire légiférer ses amis objectifs de l’Assemblée Nationale et du Sénat. C’est cette Loi sur le « Secret des affaires » votée en mars dernier et soigneusement épluchée dans la vidéo ci-dessus. Ainsi, nul ne pourra plus dénoncer publiquement les petites combines, les malversations, les pratiques douteuses et/ou nocives des entreprises sans risquer d’encourir de lourdes peines financières et/ou carcérales.

Mais, là encore, cette censure ne dit pas son nom ! Cette Loi est vendue au citoyen comme un outil garantissant aux entreprises et surtout aux multi-nationales d’être mieux défendues face à la concurrence des prédateurs étrangers. Et donc de favoriser la croissance de l’économie française, et donc de conserver les emplois, voir d’en créer, et donc de faire diminuer le chômage et gna gna gna et gna gna gna… Bref, le sempiternel argumentaire, l’écran de fumée habituel, pour cacher le vrai, le seul, mais inavouable dessein du capitalisme. En substance, celui de permettre aux riches, au pire, de le rester et, au mieux, de l’être davantage à l’avenir. Car, il ne s’agit que de ça ! De fait, il est impossible de s’enrichir outrageusement sans s’affranchir, peu ou prou, à un moment ou à un autre, des obligations légales ou morales imposées à tous. C’est incontestable. Qu’on me prouve le contraire… Et c’est cette vérité qu’il faut taire et faire taire ceux qui seraient tentés de la faire parler.

Il est fort probable que la presse, dans son ensemble, déjà muselée par les grands groupes financiers qui la possèdent, intégrera ce nouveau paradigme que représente cette Loi sur le « Secret des affaires » et qu’elle se montrera encore plus timorée demain qu’elle ne l’est aujourd’hui. Autrement dit, elle s’autocensurera un peu plus rendant ainsi le concept même de censure caduc, désuet, nul et non avenu. Car, ce n’est pas tant devant les tribunaux que le Capital veut exercer sa domination mais bien davantage dans les esprits.

 

 

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Tu causes globish ?

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Le « Globish« , c’est la contraction de ces deux mots, « Global english ». Une « Novlangue » dont le concept avait déjà été imaginé par George Orwell dans son célèbre roman « 1984″, souvenez-vous.

La pratique du globish répond d’abord à une exigence, celle de la mondialisation. Ben oui… Par exemple, un commercial d’une entreprise française à vocation internationale, qui sillonne le monde pour vendre ses produits, doit se faire comprendre par les décideurs étrangers le plus efficacement et le plus rapidement possible. Auquel cas, il ne s’embarrasse pas de métaphores, d’allégories, de métonymies, de périphrases, d’antonomases, d’épanadiploses, d’euphémismes, de litotes (à ne surtout pas confondre avec l’euphémisme !), d’oxymores, de chiasmes (oh, le vilain mot !), de paradoxes, d’hyperboles… et autres figures de style qui enrichissent l’art du discours.

Je ne vais pas vous mentir, je ne veux pas faire le « quéqué » (une apocope !), sur les douze procédés rhétoriques que je viens de citer, je n’en connaissais qu’un sur deux. Alors, tout ça pour dire quoi, pensez-vous… J’y viens.

Dans la vidéo (2 mn 47), ci-dessus, Barbara Cassin, philosophe, dénonce principalement la suprématie grandissante du globish sur toutes les autres langues qu’elles soient françaises, allemandes, espagnoles, chinoises… et même, paradoxalement, anglaises. Ces langues originelles, avec leur richesse, leur diversité, leur inventivité propres, pouvant être à terme réduites à des dialectes que l’on pratique en famille ou dans l’alcôve.

On pourrait alors, c’est moi qui l’ajoute, parler de « génocide linguistique », toute comparaison gardée, ça va de soi, avec les génocides au sens littéral du mot. Ce danger existe réellement ! Et il n’est pas tant dû à l’usage généralisé du globish par les affairistes qu’à son adoption par une proportion croissante des français, y compris comme outil de communication quotidien et privé, et surtout par les jeunes. Il suffit d’écouter leurs conversations à la sortie du lycée pour s’en convaincre. Leur langage est de plus en plus émaillé de mots anglais, d’anglicismes ou de néologismes d’inspiration anglo-saxonne, sans même qu’ils en aient conscience, et, dès lors, on est pas très loin du globish.

Ce n’est pas évoqué dans la vidéo mais il y a un dommage plus… culturel dans la propagation exponentielle de ce jargon universel. À la louche, le globish se résume à 1500 mots. 1500 mots, ça peut suffire, en effet, pour persuader un distributeur chinois d’acheter des dizaines de caisses d’un grand cru bordelais. On peut même la fermer et simplement lui faire goûter. Mais quand il s’agit d’écrire une lettre d’amour, d’évoquer ses état d’âme, d’avoir une conversation politique, philosophique avec un ami, de s’exprimer en public pour défendre un point de vue, de raconter vos dernières vacances aux Caraïbes dans l’espoir de faire appréhender votre enthousiasme par votre auditoire… Alors là, alors là, (épanalepse ?) ce n’est pas la même la même cantine… Dans toutes ces occasions qui représentent les vrais moments de vie et d’échanges, ceux qui n’ont rien à voir avec de basses transactions mercantiles et qui nous élèvent, au contraire, au rang de dignes êtres humains, les subtilités et les complexités de la langue sont indispensables…mieux… essentielles !

La « Novlang » (Newspeak, en anglais), dans l’esprit de George Orwell (« 1984″, je le rappelle…), c’était l’idée selon laquelle plus on réduit le vocabulaire d’une langue, plus on esquiche ses finesses et ses interactions conceptuelles, moins les gens sont enclins à l’abstraction et, donc, à la réflexion. Et un peuple qui ne pense pas est un peuple soumis.

Quand la réalité singe la fiction… Aujourd’hui, « Big Brother », c’est « l’Oncle Sam » et la « Novlang », c’est le « Globish ».

Pétrifiant, non ?

 

 

 

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T’es trop con, j’vais t’expliquer…

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Ainsi, selon Macron (voir la vidéo d’une minute et une poignée de secondes), nous, les français moyens, détestons les réformes. C’est comme ça. Dès que nous pouvons éviter les réformes, nous ne les faisons pas ! Nous sommes décidément incorrigibles.

Alors… Alors, fort heureusement, Macron se chargera, une fois encore, de nous expliquer ce que nous refusons obstinément de comprendre.

Les réformes, c’est l’avenir, notre avenir à nous, français ! Sans réformes, nous raterons le train de la modernité. Peut-être même serons-nous assujettis aux nouvelles puissances économiques émergentes qui n’attendent qu’un signe de faiblesse de notre part pour s’emparer de nos marchés, voire pour nous imposer leur culture ! Est-ce que c’est ce que nous voulons ? Voilà, en substance, le discours que tenait Macron, le 24 Août 2017, en Roumanie, à je ne sais quel colloque européen.

Première observation…

Cela a déjà été dit mais il faut le rappeler, Le Président de la République française choisit donc de dénigrer ses concitoyens en… Roumanie. Dès lors, on est en droit de se demander s’il a toujours ce genre de propos nous concernant chaque fois qu’on a le dos tourné. De même, on peut légitimement, à l’avenir, exiger de lui qu’il s’adresse à nous directement quand il a quelque chose à nous dire. En France, sur un plateau de télévision ou dans un studio de radio français, par exemple. Ce serait plus courageux et plus… élégant.

Maintenant, sur le fond…

« Nous n’avons pas su suffisamment expliquer aux français. » À l’occasion d’une grève qui s’éternise ou d’une déculottée électorale, combien de fois avons-nous entendu ces propos lénifiants prononcés par un ministre en difficulté ou un député renvoyé dans ses pénates ?

Ainsi, nous serions incapables de comprendre les grands enjeux économiques et politiques et, aux grands enfants inconséquents que nous sommes, il faudrait donc démontrer patiemment l’incommutabilité des réformes engagées par le gouvernement. Car, nous devons tous en être convaincus, toutes ces réformes, c’est pour notre bien… Mais quelle arrogance ! Quelle morgue ! Quel mépris pour les citoyens que nous sommes !

Mais bon Dieu de bois ! Pour seul exemple, les cheminots ne rejettent pas la réforme SNCF parce qu’ils ne l’ont pas comprise ! Ils savent très bien de quoi il retourne ! C’est même parce qu’ils l’ont parfaitement comprise qu’ils se mobilisent contre sa mise en œuvre ! Ils vont à terme perdre leur statut, ce qui représente objectivement une régression sociale, et ils vont être confrontés à la concurrence déloyale de multinationales peu enclines à respecter le Code du Travail. Et tout ça pour quoi et au détriment de qui ? Pour le profit des actionnaires privés et aux dépens des usagers, bien sûr ! Il suffit de relever les conséquences néfastes de la privatisation, même partielle, des réseaux ferrés danois et britanniques, en terme de service rendu, pour s’en convaincre.

Voilà ce qu’ils ont compris, les cheminots ! Alors, on aura beau leur expliquer, en long et en large, aux cheminots comme aux usagers d’ailleurs, avec des mots choisis et des formules apaisantes, le bien fondé de cette putain de réforme, il n’en demeure pas moins vrai que c’est une monumentale erreur politique qui entraînera fatalement des dommages insoupçonnés et qui devra, un jour, être sanctionnée électoralement. Pour le moins…

Ce n’est pas que nous ne comprenons pas vos réformes, Président ! Nous en saisissons, bien au contraire, tous les tenants et aboutissants. Nous savons qu’elles obéissent invariablement à la logique capitaliste qui consiste à démanteler les services publics, dans un processus inexorable de désengagement de l’État, au profit (dans toutes les acceptions du mot…) de sociétés privées françaises et étrangères. Nous savons aussi, en fins observateurs que nous sommes, que les pays les plus libéraux économiquement créent une misère sociale, culturelle, endémique pour le plus grand nombre tout en facilitant l’enrichissement exponentiel d’une minorité de possédants. Voir, les États-Unis, pour ne citer qu’eux… Ça, nous l’avons bel et bien compris. Et aucune explication fumeuse d’aucune sorte ne pourra nous faire penser autrement.

T’es trop con, j’vais t’expliquer… C’est la traduction faubourienne, certes, mais néanmoins pertinente, des propos suffisants et faussement pédagogiques tenus en permanence par les décideurs, en général, et Macron en particulier. Or, qu’on se le dise, nous ne sommes pas stupides et nous ne sommes plus disponibles pour écouter de byzantines explications visant à nous faire admettre l’inadmissible.  À bon entendeur… 

 

 

 

 

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Macron démasqué…

Exceptionnellement, cette vidéo est un peu longue, 30 minutes. Elle vaut cependant la peine d’être visionnée jusqu’à son terme.

Tout aussi exceptionnellement, mon commentaire sera beaucoup plus court que d’habitude tant il y a peu à ajouter à la brillante démonstration de cette jeune fille, Tatiana Ventôse, réalisée sur son site, « Le fil d’Actu« . Un site que je vous recommande chaleureusement par ailleurs. Les sujets d’actualité y sont traités de façon remarquable. C’est toujours étayé, intelligent et délicieusement subversif. Et ce qui ne gâte rien, c’est souvent coloré d’un humour distancié qui flatte les neurones. Bref… Courez-y !

Après avoir vu cette vidéo, vous saurez qui est vraiment notre Président. Et, surtout, pourquoi et pour qui il a été élu…  

 

 

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