Archive | avril 2018

Est-ce que tu parles « capitaliste » ?

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J’aime beaucoup les prestations de Franck Lepage. Peut-être l’avez-vous déjà remarqué…

Cependant, quand j’ai visionné cette vidéo, j’ai pu constater que nous n’avions été qu’un peu plus de  22000 à avoir cliqué sur cette proposition sur You Tube. C’est peu en comparaison des millions de vues pour les clips de Beyoncé, pour ne citer qu’elle… Mais, c’est vrai, Franck Lepage n’a pas le même sex-appeal. Il s’habille n’importe comment (et je le soupçonne même de le faire exprès…), il ne se déhanche pas sur une musique industrielle, il ne chante pas des chansons aux paroles indigentes et, surtout, il nous prend la tête avec des considérations philosophiques et politiques

C’est sûr, pour faire le buzz sur Internet, mieux vaut montrer son cul que son QI ! Passons…

Franck Lepage dénonce là la perniciosité du langage capitalistique qui consiste à nous faire accroire qu’un chat n’est pas forcément un chat et que penser le Capital en termes d’exploités et d’exploiteurs, selon la pensée marxiste, est définitivement désuet, obsolète… et pour tout dire, le mot qui tue… ringard. Ce bon vieux Karl, dont certains se souviennent encore et qui vont peut-être avoir une pensée émue à l’occasion de l’anniversaire de sa naissance, il y aura deux cents ans le 5 Mai Prochain, l’avait déjà compris.  « Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes« . J’ajoute humblement que ces pensées de la classe dominante, et par extension du Capital, sont servies par les mots de la classe dominante.

Juste quelques exemples de mots ou de formules fallacieux largement répandus par le Capital, comme ça, pour rire…

- Le coût du travail = Le salaire. Ben oui, mon con, tout travail mérite salaire, non ? T’as un problème avec ça ? Et qui en profite le plus ? À qui ça coûte le plus ? À toi ou à moi ?

- Les charges sociales = La Sécu et les retraites. Et ?  Pardon ? C’est vraiment une charge insupportable pour toi que les salariés puissent se soigner dignement et espérer quelques années d’oisiveté après plus de quarante ans d’asservissement au travail ?

- Compétitivité = Plan socialPlan social, mon cul ! Ton plan n’a rien de social ! Il n’est destiné qu’à garantir 14% de rendement par an aux actionnaires en licenciant de pauvres bougres surendettés qui ont cru à la société de consommation !

- Les partenaires sociaux = Les syndicats. Et ça t’écorcherait la bouche de dire « syndicat » ? Moi, je suis syndiqué et je ne suis aucunement ton partenaire ! D’accord ? J’ai des partenaires de jeu, oui ! À la belote ou à la pétanque. Mais ton business, ce n’est pas le mien. Je te vends ma force de travail, c’est tout. Et à vil prix, si tu veux mon avis. On n’est pas partenaires et encore moins copains, tu piges ?

Un petit dernier…

- Collaborateur = Employé. Alors là, on touche le fond… Non seulement je suis exploité mais, en plus, il faudrait que je collabore à mon propre assujettissement ? Je ne suis pas un collabo, t’as compris ? Vas chier !

Bon, je m’énerve, je m’énerve et c’est pas bon pour c’que j’ai. J’arrête. Mais je n’en ai pas fini avec la sémantique du Capital. Oh que non ! J’y reviendrai. Quitte, peut-être, à vous lasser… Sourire.

 

 

 

 

 

 

 

 

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L’inénarrable Pierre Gattaz…

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Comment ose t-il ? Et surtout, comment pouvons-nous le supporter ?

Cette vidéo dure plus de vingt minutes.

Attendez ! Rien ne vous oblige à la subir jusqu’à la fin ! Non ! Sauf si vous souhaitez mourir d’ennui… En fait, seules les deux premières minutes sont importantes. Les deux premières minutes au cours desquelles Pierre Gattaz, le Président du MEDEF en partance (paraîtrait qu’il abandonne son mandat en juillet et, perso, je m’en fiche complètement…), le « Patron des patrons », donc, comme on dit, nous dit sans sourciller et sans trembler du genou que l’économie n’est ni de droite, ni de gauche…

Alors voilà où nous en sommes ? Quand j’ai entendu ça, avant-hier matin sur France-Inter, j’ai failli tomber de ma chaise en renversant mon bol de café noir !

Non mais,  « Dites-moi pas que c’est pas vrai ? » J’adore cette fulgurance de Jamel Debbouze…

Ainsi, l’économie serait apolitique, c’est ça ? Ni de droite ou de gauche, on s’en fiche ! On s’en tamponne le coquillard !

Ainsi, puisqu’il n y a plus d’alternative au Capitalisme, nous dit-on, et bien allons-y franchement ! Laissons la Politique aux brigueurs de mandats électifs, péroreurs et démagogues en diable, pour s’enrichir tranquillement et démocratiquement et l’économie aux hommes d’affaire qui savent de quoi il retourne et qui font fortune quels que soient les gouvernements. De droite ou de gauche, indifféremment…

Merde ! Je… On rêve ?

Robespierre, Danton, Marx, Jaurès, Mendes France, Zola, Lénine, Trotski, Mendela, et j’en oublie… Attendez… Même François Mitterrand !.. doivent se retourner dans leur tombe ! À supposer, bien sûr, qu’ils écoutent France-Inter…

 

 

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À quoi tient le talent ?

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Belle chanson, non ? Vous l’avez appréciée ?

À quoi, donc, tient le talent ? Hum ? Question on ne peut plus ouverte…

Pour illustrer mon propos, j’ai choisi la chanson phare, « Rest » du dernier album de Charlotte Gainsbourg. J’aurais, tout aussi bien, pu mettre en avant une autre chanson d’un autre chanteur d’une autre époque. Ou, même, la production d’un peintre, d’un dessinateur de BD, d’un cinéaste, d’un comédien, d’un humoriste, d’un écrivain, d’un journaliste, d’un joueur de tennis, d’un homme politique, que sais-je ! Ça n’a aucune importance. Le talent s’affirme dans tous les modes d’expression quels qu’ils soient. Non, c’est le talent, le sens du mot, son indéfinissable et subjective acception qui m’intéresse.

Charlotte Gainsbourg n’est pas un chanteuse. C’est indubitable. Dans cette chanson, elle murmure plus qu’elle ne chante. Elle n’est pas vraiment musicienne, non plus, même si elle fait l’effort, sur scène, de jouer quelques accords au piano. Pour la musique de ses chansons, elle fait appel à des pointures comme Paul McCartney, SébastiAn, ou Daft Punk. Elle écrit les paroles, certes, mais on se demande bien pourquoi elle y mêle malicieusement le français et l’anglais. La phonétique doit-elle absolument prendre le pas sur la dialectique ?

Elle n’est pas belle, du moins selon les canons de beauté généralement admis. Sa timidité, presque maladive, sa réserve, feinte ou non, font de ses interviews promotionnelles des moments tout aussi pénibles pour elle que pour le téléspectateur… Et pourtant !

Et pourtant, que l’on aime ou pas Charlotte Gainsbourg, on ne peut nier l’évidence. Elle a du talent.

Pour s’en convaincre, il suffit peut-être de considérer le nombre impressionnant de vues pour ses clips sur You Tube, de CD vendus (et oui… ça existe encore !), ou de places réservées à ses concerts. Mais ce n’est pas tout ! Il y a également les prix prestigieux et l’engouement du public qui récompensent depuis des années (depuis « L’effrontée » de Claude Miller, en 1985, où elle avait obtenu son premier César d’interprétation) son talent d’actrice de cinéma. Car elle est aussi actrice, ça n’a échappé à personne. Il y a tout ça, bien sûr ! Mais s’il fallait uniquement se fier à ces critères quantitatifs ou honorifiques, on pourrait admettre, de la même façon, que… je ne sais pas, moi… que Michel Sardou ou Patrick Sébastien ont également du talent ! Et là, je dis non. Je m’y refuse. Donc, la vérité est ailleurs, comme disait Fox Mulder à Dana Scully dans « X-Files »…

Pour preuve, il y a des milliers d’artistes bourrés de talent que l’on croise incidemment dans la rue, dans les couloirs de métro, aux terrasses des cafés, dans les rayons des bibliothèques municipales, dans les journaux à tout petit tirage, dans les théâtres de poche, à Paris comme en province, dans les « premières parties » des concerts de groupes de Rock renommés, à la radio, en été, pour quelques prestations intérimaires… Des milliers d’artistes dont le talent ne sera jamais reconnu, qui ne connaîtront jamais le succès de Charlotte Gainsbourg et qui mourront dans l’anonymat le plus total. Alors pourquoi Charlotte et pas eux ?

Le talent de Charlotte Gainsbourg est indéniable, je l’ai dit. Et, personnellement, je l’apprécie. Vraiment ! Mais… car il y a un « mais ». Si Charlotte n’était pas la fille de Serge et de Jane, eux-mêmes issus, pour l’un de la bourgeoisie russe, juive et artiste (père pianiste et mère mezzo-soprano) et pour l’autre de la bourgeoisie anglaise bon teint (père Commandant de la Royal-Navy et mère actrice dans des pièces de théâtre de célèbres dramaturges), est-ce qu’elle aurait le même destin, aujourd’hui ?

La réponse est dans la question. Vous m’avez vu venir…

Le talent n’est pas héréditaire ou génétique ou des conneries de ce genre ! Bien sûr que non… Les contre-exemples se comptent en centaines ! Heu… bon. En dizaines ? Je ne sais pas… Ça ne me vient pas comme ça, là. Et vous ? Vous avez un nom d’artiste reconnu, adulé et riche qui est issu d’un milieu prolétaire ou paysan, Dany Boon mis à part ? Et est-ce que Dany Boon est un artiste ? Ah ? C’est une autre question ça, non ?

Ce que je veux dire… C’est que le talent des femmes et des hommes, comme le génie qui est moins controversé parce que plus identifiable, mesurable, consensuel (personne ne songe à contester le génie d’Einstein, de Mozart ou de Léonard de Vinci !), ne vient jamais (ou presque jamais, je le concède…) de nulle part.

Autrement dit, pour que naisse le talent et qu’il croisse, comme dans les vergers, les plants de tomates, ou même les champs de patates, il faut un environnement riche et soigné. Ça ne marche pas à tous les coups, c’est vrai,  mais, au moins, les conditions les plus favorables sont réunies.

Autrement dit de l’ autrement dit, les talents éclosent bien plus facilement dans les mieux privilégiés, artistes et bourgeois de Neuilly sur Seine, ou dans le « Quartier des Grands Hommes » à Bordeaux, que dans les barres de logements sociaux à la périphérie des villes. À cela, il faut ajouter qu’un enfant issu des « quartiers populaires », pour utiliser un euphémisme très « tendance » qui ne désigne en fait que les zones miséreuses, ne peut pas bénéficier des réseaux d’influence et de promotion tissés par ses parents.

C’est juste un état de fait. Un principe de réalité. Il n’y a pas d’amertume, d’envie ou je ne sais quelle frustration dans mon propos. Je constate. Simplement. Comme les biens matériels, culturels, le talent se transmet de classe en classe. De caste en caste. C’est ainsi. Soit on l’admet et on cautionne le système qui fait de quelques nantis, talentueux ou pas, des multi-smicards adulés et enrichis par la crédulité des masses ou soit on s’énerve pour rien dans une chronique sur un blog…

 

 

 

 

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« Au commencement était le verbe… »

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Non, non, je ne me suis pas soudainement devenu croyant. Je veux, ici, rassurer mes proches. Qu’ils ne s’inquiètent pas, je ne suis pas davantage un néo-mystique ou quelque chose du genre, et je ne suis pas, non plus, en dépression. Enfin, pas plus que d’habitude…  Dieu merci, je suis toujours et résolument athée ! Non, c’est tout bonnement parce que cette parole que l’on attribue à Saint Jean dans le prologue du Nouveau Testament, si tant est qu’il sut écrire, illustre parfaitement mon propos. Les aphorismes, les sentences, les injonctions des apôtres et des prophètes, toutes religions confondues, sont si ambigus, équivoques et nébuleux, qu’ils offrent toutes les interprétations possibles. Tout, son contraire, et inversement… Alors, pour les plumitifs, dont je suis, c’est une mine inépuisable.

« Au commencement était le verbe« , donc… Quoi de plus vrai ? Quand on considère l’éducation que peut recevoir un enfant dans quelque pays que ce soit, l’acquisition du langage et, par extension de la culture, est déterminante ! Plus les enfants et les adultes en devenir ont de vocabulaire, plus il est étoffé, et mieux ils perçoivent, comprennent et partagent la complexité du monde. Et plus ! J’ose l’affirmer ici…ils ont intelligents.

Oui, oui, je sais ! Attendez ! Je ne vous ai pas interrompus jusqu’à maintenant, alors laissez-moi continuer ! S’il vous plaît !

Bien sûr que l’intelligence ne se mesure pas seulement à l’aune de la maîtrise lexicale ! Évidemment ! Il y a des mathématiciens, des astrophysiciens, des généticiens, des économistes (heu… faut voir…), bref, des scientifiques BAC plus 10, 12, ou 20, qui ont un QI à faire pâlir Alain Rey ! Bien sûr ! Seulement voilà… Quand il s’agit de transmettre leur savoir, ou même de convaincre les industriels ou les ministères du bien fondé de leurs recherches pour obtenir des financements, les graphiques, les camemberts, les courbes statistiques, cycliques, ou furtives, ne suffisent pas. Il faut remporter l’adhésion avec des mots. Des mots qui touchent, qui émeuvent, qui intéressent, qui surprennent. Des formules qui interpellent, étonnent, séduisent. En résumé, il faut maîtriser la langue.

Oui… Décidément, oui, Franck Lepage (voir la vidéo) a raison. En règle générale (et je ne veux rien entendre des exceptions que tel ou telle autre avez pu constater ! Elles ne font que confirmer la règle ! Rien d’autre ! D’accord ?), le milieu social et culturel dans lequel on naît, chacun d’entre nous, détermine largement notre évolution intellectuelle d’homme ou de femme et, par voie de conséquence, bien souvent, notre parcours professionnel. Et ça commence, dès le berceau, par l’apprentissage de la langue dans toute sa diversité et sa complexité.

Dans les milieux défavorisés, pécuniairement et culturellement (l’un va rarement sans l’autre), un adolescent, un jeune adulte, selon Gilles Siouffi, professeur en langue française à la Sorbonne, a en magasin 500 mots en moyenne pour s’exprimer. Il en faut six fois plus, 3000 donc, pour espérer être quotidiennement compris et entendu. Un homme cultivé, de bonne extraction aristocratique ou bourgeoise, peut faire appel, dans le meilleur des cas, à un lexique de quelques 30000 mots. Autant dire que l’un doit se mesurer, avec un canif,  à l’autre qui dispose de l’arme nucléaire…

L’opposition, le conflit, entre les classes sociales, ce n’est pas seulement une question d’argent ! Je suis convaincu qu’il s’agit avant tout d’une question de langage. Dans les tribunes, sur les estrades, le peuple, pour se faire entendre, doit utiliser les mêmes outils de persuasion, les mêmes armes de dissuasion que les sachants. Les mots…

La « lutte des classes« , au sens marxiste (même si la formule peut paraître désuète, elle est toujours et hélas d’actualité), ne peut être tuée dans l’oeuf que dans les écoles laïques, solidaires, et fraternelles pour tous. Bien nés ou roturiers à la même enseigne et au même enseignement… républicain. Quoi d’autre ?

M’est avis qu’on n’en prend pas le chemin. Mais c’est l’objet, peut-être, d’une autre chronique…

 

 

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« Convergence des luttes » ou « coagulation des mécontentements » ?

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Dans cette petite vidéo qui ne dure que trois minutes (je précise car je sais que beaucoup d’entre vous n’ont pas tout le temps dont je dispose…), Franck Lepage fait la démonstration que le choix des mots, ces outils merveilleux qui nous servent à communiquer, a une importance primordiale. Les mots et leur(s) sens (oui, un mot peut avoir plusieurs sens et cette équivocité fait le charme de la langue frâânçaise, bien sûr…) doivent être examinés dans les laboratoires sémantiques des linguistes, ça va de soi, c’est leur boulot, mais aussi par les citoyens ordinaires que nous sommes si nous ne voulons pas être pris en permanence pour des truffes. Et, notamment, par les politiciens…

J’ai déjà abordé le sujet dans une précédente chronique, je sais… Souvenez-vous, « négociation » versus « concertation ». Mais j’y reviens car j’ai de nouveau été témoin récemment, tout comme vous, j’imagine, d’une nouvelle tentative d’enfumage verbal lors de la dernière prestation du Président Macron sur BFM TV. Soit dit en passant, le choix de cette chaîne privée par Macron n’a rien de fortuit. Le sens critique du téléspectateur moyen su BFM, sur une échelle de 1 à 10, doit osciller entre le 1 et le 2. Et, de ce fait, ledit téléspectateur, sûr de lui, conforté dans ses convictions obtuses, répète à qui veut l’entendre, et au premier degré, la bonne parole présidentielle. Du moins, c’est le pari qu’a fait Macron…

Ainsi, l’accro à l’information télévisée en continu, à grands renforts de bandeaux anxiogènes en bas d’écran et de scoops qui tardent à venir comme Godot, devient un instrument de propagande en puissance. Il transmettra désormais avec ses quelques pauvres mots, au premier degré, celui qui le met à l’abri du vertige réflexif, et à l’unisson, le concept de coagulation des mécontentements plutôt que celui de convergences des luttes. Et vous aurez remarqué que le mot « luttes« , lui-même, a, incidemment, été remplacé par « mécontentements« . Je vous le dis, rien n’est dû au hasard.

« Convergence » est un mot qui a intrinsèquement une connotation positive ! Quand on entend ce mot, on l’associe plus ou moins consciemment à d’autres mots fédérateurs, exaltants, comme « entente », « amitié », « solidarité »…. « paix » ! En revanche, le mot « coagulation » fait appel à des évocations hautement péjoratives. Ce qui est coagulé est forcément figé, inerte, voir putride. La coagulation, c’est le caillage du sang, c’est l’enfermement, la fin d’un processus de vie à l’avantage d’une mort annoncée. Une mort larvée des revendications sociales, en l’occurrence, souhaitée par Macron. La convergence des luttes étudiantes, paysannes et ouvrières de Mai 68, pour le Capital, c’est l’apocalypse, sa fin ! Et il en a tiré les leçons. Le Capital est loin d’être con…

La confrontation des idées, des idéologies (excusez le gros mot…), des projets politiques, depuis les années 80-90 (la chute du Mur, peut-être…), été étouffée, neutralisée par la communication gouvernementale. Le pouvoir n’échange plus, il communique. Le pouvoir ne veut plus être contesté. Le pouvoir ne débat plus, il explique pourquoi il n’y a pas d’alternative à sa décision. Bref ! Le pouvoir, sous le masque du pédagogue empathique qui sait ce que nous ignorons, nous infantilise, nous leurre, nous trompe, nous ment, pour nous faire avaler toutes ses couleuvres anti-sociales avec ses mots et ses formules bien choisies.

M’est avis que le temps des barricades de Mai 68 est révolu. En revanche, d’autres combats sont à mener, non-violents, ceux-ci. Et en premier lieu, celui du verbe…

 

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L’intelligence artificielle, une e-connerie ?

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Le Président Macron fait de l’intelligence artificielle son nouveau cheval de bataille.

Voyons un peu…

Complètement subjugué par la réussite économique des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) de la Silicon Valley, il tient à entraîner la France et les français sur la voie, pense t-il, de la révolution numérique. L’intelligence artificielle serait la panacée. Elle serait le sésame d’une nouvelle ère de croissance exponentielle et sans limite (c’est peut-être un pléonasme… Mais bon, je laisse. Ça sonne bien.). Bref ! Ce serait LA solution à tous nos problèmes et à tous nos maux. Macron, comme nombre de décideurs occidentaux, promeut donc un monde où l’intelligence humaine organique, émotive, aléatoire et par essence faillible, serait remplacée par l’intelligence électronique, digitale, algorithmique, rationnelle, implacable et… sans affect.

Je ne sais pas vous, mais tout ça m’effraie au plus haut point.

Isaac Asimov, Arthur C. Clark, H.G. Wells, et, last but not least, Philip K. Dick, dans les années soixante, soixante-dix, l’avaient déjà, dans leurs romans respectifs, envisagé, suggéré, prédit. Le génie humain serait capable, un jour (la datation pour chacun d’entre eux était purement spéculative…) de créer des machines, des robots, capables de supplanter l’intelligence de l’homme, lui-même. À l’époque, on les prenait pour de sombres oiseaux de mauvaise augure ayant pour seul objectif d’effrayer leurs lecteurs. Et essentiellement les adolescents dont j’étais. J’étais très friand de cette littérature. On aime se faire peur quand on est jeune. Mais force est de constater que la réalité rattrape aujourd’hui la… science-fiction.

On se calme ! Nous n’en sommes pas encore aux robots d’Asimov qui prennent le pouvoir sur les hommes, malgré les « trois commandements », ou à « Carl », l’ordinateur de bord du « Discovery One », qui décide de tracer seul sa route dans la galaxie, en éliminant, l’un après l’autre, les hommes de l’équipage qui ont, pense t-il,  pour dessein de le neutraliser juste avant la découverte de la VÉRITÉ sur l’origine de l’homme. Non… Mais il suffit de  voir ou de revoir LE chef d’oeuvre de Stanley Kubrick, « 2001 ou l’Odyssée de l’espace », en collaboration avec Arthur C. Clark,  ou « Blade runner » de Ridley Scott, d’après une nouvelle de Philip K. Dick, pour appréhender la dimension visionnaire de ces auteurs de science-fiction.

Prenons le cas de Carl, le super-ordinateur de « 2001″. Il est capable de gérer l’ensemble du vaisseau. Il ouvre et ferme les SAS à volonté, allume et éteint les moteurs, maintient un cap, établit à la demande une liaison avec la terre, règle la clim’, et peut même jouer aux échecs avec l’équipage, juste au son de la voix des astronautes. Des voix qu’il sait distinguer, soit dit en passant. En outre, il est en permanence, grâce à des milliers de capteurs essaimés sur le vaisseau, attentif au bon fonctionnement de toute la structure. Une lourde responsabilité que les hommes lui ont confiée. Ce qu’ils regretteront amèrement plus tard. Mais c’est une autre histoire…

Et bien tout ça, c’est possible aujourd’hui ! Nous avons pris un peu de « retard », c’est vrai, sur les prévisions d’Arthur C. Clark mais, en 2018, n’importe quel clampin peut commander oralement à Google la chanson qu’il préfère dans sa playlist.  Et avec la domotique, n’importe quel pékin, pourvu qu’il en ait les moyens, peut donner l’ordre, toujours oralement, à l’ordinateur central de son domicile de baisser les stores et de lui faire couler un bain.

Dans « Blade runner », le propos n’est pas exactement le même. Quoi que… Nous sommes en 2019, à Los Angeles. Rick Deckard (interprété à l’écran par Harrison Ford), un policier, traque des répliquants, créés par les hommes, bourrés d’électronique et de mauvaises intentions. La ville est surpeuplée, sombre, lugubre, sale, hyper-polluée et excessivement dangereuse. Alors, c’est vrai, en 2018, les humanoïdes, tels que décrits dans le film, n’existent pas encore vraiment. Mais, à la réflexion, ils sont, aujourd’hui, à l’état embryonnaire. Voir la vidéo… Il suffit de vouloir se renseigner sur n’importe quelle plateforme administrative intelligente, en ligne ou par téléphone, pour s’en convaincre et constater à quel point les logiciels censés nous aider nous sont foncièrement hostiles. Ils ne répondent jamais directement à nos questions, ils nous renvoient systématiquement, et de façon peu courtoise, à d’autres services tout autant incapables de nous satisfaire et en nous humiliant avec l’injonction de retrouver des « identifiants » et des « mots de passe » que nous avons oubliés depuis belle lurette. Une horreur… Et, quant à l’insalubrité et l’insécurité du « Los Angeles » de 2019, de grandes mégalopoles, au moment où j’écris cette chronique, comme Mexico, Shanghai, Hong Kong ou Singapour n’ont rien à lui envier.

Rien que la formule « intelligence artificielle » est une contrevérité doublée d’une escroquerie. D’abord, et en premier lieu, parce que personne n’est foutu de définir ce qu’est l’intelligence. Ensuite, pourquoi « artificielle » ? Il n’y a pas d’artifice dans la conception de ces machines, de ces instruments ! Il n’y a rien de magique, de transcendant dans ces nouvelles technologies ! Ni de virtuel ! Ils sont conçus par des mathématiciens, des physiciens, des électroniciens, suffisamment intelligents, eux-mêmes, ou trop cons, c’est selon, pour servir l’appétit démesuré des industriels, des capitalistes en mal de nouveaux profits. Rien d’autre !

Après avoir épuisé les forces de travail des hommes et les ressources terrestres, depuis l’ère industrielle, avec les conséquences que chacun peut déplorer, le Capital s’attaque désormais à une mine, semble t-il, inépuisable. La crédulité et l’appétit insatiable des hommes pour tout ce qui est nouveau, neuf et moderne. Les i-phones, les GPS, les logiciels pour ceci ou pour cela, les montres intelligentes qui mesurent votre rythme cardiaque et qui, accessoirement, vous donnent l’heure, les sites de rencontres amoureuses rationalisés, « performants »… Pffiou !!!

Juste deux questions…

Quelle part de notre humanité sommes-nous prêts, encore, à abandonner à la modernité et au Capital ?  Et quels risques encourrons-nous dans cet abandon ?

 

 

 

 

 

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Entre « négociation » et « concertation », quelle différence ?

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La vidéo ne dure qu’une minute et onze secondes et pourtant elle est riche d’enseignement.

Vous avez remarqué ? Guillaume Pépy, encore PDG de la SNCF, s’est bien gardé de prononcer le mot « négociation«  avec les syndicats à propos de la réforme SNCF. Il préfère mettre en avant, et plutôt deux fois qu’une, le mot « concertation« . Pour une majorité de français, comme ça, à vue de nez, au saut du lit, « négociation » et « concertation« , c’est kif kif bourricot.

Et bien, non ! Si les mots ont un sens, ce n’est pas du tout, mais alors pas du tout, la même chose ! Et non…

On négocie, par définition, quand il y a quelque chose à négocier. Ainsi, le patron d’une boîte, n’importe laquelle, expose un problème aux représentants syndicaux. Une baisse d’activité, la concurrence de plus en plus agressive, un manque de productivité, bref ! Un problème. Ensuite, il dévoile son plan de patron pour redresser la barre. En général, ledit plan n’est pas favorable aux salariés. Mais bon… Il est prêt à écouter les souhaits, les voeux et les propositions des syndicats et reste ouvert, même s’il ne l’affiche pas ostensiblement, à des négociations. L’objectif étant de sauver sa boîte tout en donnant satisfaction, peu ou prou, à son personnel. C’est le fameux principe du « gagnant-gagnant », chacun se serrant la main au milieu du gué. Le patron a fait des concessions et les salariés, en échange de davantage d’implication, ont obtenu, au pire le maintien de leur condition, et au mieux, de nouveaux avantages. Ce rapport de force intelligemment géré et maîtrisé, de part et d’autre, entre le dirigeant et les employés, a donné dans des milliers d’entreprises, grosses, moyennes ou petites, jusqu’à ce jour, d’excellents résultats.

Ça, c’était avant.  De toute évidence, Macron ne veut plus de négociations.

Ça a commencé, entre autre, avec le plafonnement des indemnités prud’homales par les ordonnances visant à réformer le Code du Travail en septembre 2017. Autoritairement (les ordonnances s’affranchissant des débats à l’Assemblée Nationale, pour rappel…), on interdit, de fait, aux défenseurs des salariés abusivement licenciés toute négociation à la mesure du préjudice. Ça f’ra tant. C’est à prendre ou à laisser. Circulez, y a rien à voir ! Allez, hop, hop !

Et ça continue, dans le même esprit, avec la réforme de la SNCF. Les syndicats sont courtoisement invités à Matignon, dans le cadre d’un agenda fixé par l’Élysée, non pas pour négocier quoique ce soit (de toute façon, tout est déjà plié…) mais, bel et bien, pour être « concertés ». Autrement dit, ils ne sont pas autorisés à négocier quoi que ce soit mais, peut-être, à la marge pourront-ils obtenir quelques maigres satisfactions (préalablement budgétisées par la direction, vous pensez bien…) qu’ils pourront annoncer aux cheminots dans l’espoir de ne pas passer pour des cons.

Voilà la conception macronienne des rapports sociaux : Je sais ce qui est bien et bon pour vous, les cheminots, les travailleurs, les français. Je vous écoute d’une oreille (laissant l’autre en permanence disponible pour le MEDEF et la Bourse ) et je décide. C’est comme ça et pas autrement.

Oui, les mots ont un sens. Une négociation n’a rien à voir avec une concertation. Et je m’étonne que ce glissement sémantique ne soit pas davantage relevé dans les médias. À moins, bien sûr, que les médias, eux-mêmes, ne soient, pour beaucoup d’entre eux et à des degrés divers, les complices objectifs de cette ambiguïté.

Dans une négociation, il y a toujours deux acteurs (individu ou entité) dont les intérêts sont souvent contraires. C’est même pour ça qu’ils négocient. En revanche, dans une concertation, il n’y a plus qu’un acteur. C’est celui qui a préalablement tout décidé. Il dit, voilà mon projet ! et observe les réactions. Dans une concertation, le deuxième acteur devient alors simple spectateur du destin qu’on a façonné pour lui. Et là, ce n’est pas la même limonade Vous l’avez compris.

Je le répète, les mots ont un sens. Et si parfois, parce qu’on est trop distraits ou trop préoccupés par autre chose, le sens des mots nous échappe, croyez bien que les premiers de la classe qui nous gouvernent maîtrisent parfaitement leur vocabulaire pour communiquer. Chaque mot, chaque adjectif, chaque adverbe, est pesé, testé, dans les cabinets ministériels avant de constituer ce qu’on appelle les éléments de langage que vont réciter inlassablement et benoîtement les serviteurs de l’État sur les plateaux de télé, dans les studios de radios ou dans les déjeuners avec les journalistes de la presse écrite.

C’est ainsi qu’on manipule l’opinion. Par le verbe, notamment. Et si on est assez malin, on peut même  faire prendre une vessie pour une lanterne à une… majorité d’électeurs citoyens.

 

 

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Toute la vacuité du monde dans un rire d’enfant…

Irrésistible, non ?

Le rire d’un enfant est si communicatif qu’on ne peut s’empêcher d’y associer le nôtre ou, pour les moins démonstratifs d’entre nous, de concéder un large sourire. C’est irrépressible.

Pourquoi ?

D’abord, parce que le rire en général, même celui d’un adulte, peut être communicatif. Comme le bâillement ou, dans une moindre mesure, les pleurs. Le phénomène demeure assez mystérieux malgré toutes les études réalisées par les anthropologues, les neurologues, les ethnologues, les psychologues, les psychanalystes… Ça remonte aux tous premiers hommes, probablement. Peut-être même avant. Car, contrairement à ce que pouvait penser ce bon vieux Rabelais, le rire ne serait pas le propre de l’homme.  Les grands singes, orangs-outans, chimpanzés, auraient aussi, dit-on, cette faculté de se foutre de la gueule du monde et d’eux-mêmes.

Ensuite parce que le rire d’un enfant, et plus particulièrement celui d’un bébé, comme le montre la vidéo, est unique et infiniment précieux. Le rire d’un bébé est sans tache, pur, sans artifice. Le bébé, il s’en fout ! S’il a envie de rire, il rit, c’est tout ! Il rit de tout son être à gorge déployée. Le rire l’habite entièrement et il se moque pas mal du reste. De tout le reste ! De la guerre dans le monde, du taux de chômage, de la prochaine déclaration d’impôts, du réchauffement climatique, des factures à payer, des soucis de santé de sa mère, du licenciement économique de son père, du premier chagrin d’amour de sa frangine…

Sa couche est changée, il vient de téter ou de manger ses p’tits pots, et un rien, une broutille, un incident domestique mineur, une découverte fortuite, le fait soudainement éclater de rire.

Et son rire est si vrai, si cristallin, si spontané, si… dérisoire, qu’il entraîne avec lui tout son entourage dans un tourbillon de joie libérée et salvatrice. L’innocence originelle de son rire nous renvoie à la nôtre. L’innocence que nous avons perdue depuis longtemps, et à jamais, lors de notre apprentissage « d’homme civilisé ». C’est sans doute pour cette raison qu’il nous émeut tant.

Le rire d’un enfant nous plonge dans une euphorique nostalgie et nous rappelle l’essentiel. Rien n’est important…

 

 

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Misanthrope, mais pas que…

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Juste ce petit extrait du film de Philippe Leguay, « Alceste à bicyclette« .

Il y a quatre ou cinq ans, j’ai adoré voir ce film formidablement servi par le génie de Fabrice Luchini et le talent de Lambert Wilson.

Je connaissais, bien sûr, la comédie de Molière. Enfin, comme tout le monde. Avec mes camarades de bancs d’école, je l’avais étudiée lors des cours de français. Mais bon… à seize ou dix-sept ans, un misanthrope n’est rien d’autre qu’un réactionnaire atrabilaire qu’on doit éviter. Un vieux con, pour résumer. N’empêche, ça me parlait. Je ne savais pas précisément à quel endroit mais ça me parlait.

Et bien voilà, nous y sommes. Enfin… j’y suis. Quelques quarante-cinq ans après, je suis misanthrope, voilà. Et donc…un vieux con. C’est dit. Aux yeux de beaucoup, jeunes et moins jeunes, je suis un vieux con, c’est incontestable. Un « Alceste » du vingt-et-unième siècle qui n’a rien à envier au personnage de Molière. Je suis devenu bougon, perplexe, méfiant, exigent, esseulé, et un tantinet amer. Oui, oui ! Un vieux con, donc ! Mais faut-il que je batte ma coulpe jusqu’à la fin des temps ? Ça suffit !

C’est vrai, je n’aime pas les gens, en général . Et ils me le rendent bien, soit dit en passant. Il est indéniable que je réserve tout mon potentiel insoupçonné de sympathie, d’empathie, d’amitié, et… d’amour à celles et ceux qui, de mon point de vue, le méritent. Et je n’ai besoin que d’une seule main pour les compter.

Je n’aime pas les gens, en général, je l’admets. Je n’aime pas les foules en liesse, les enthousiasmes et les indignations collectifs. Je n’aime pas les meetings, les stades de supporters « testostéronés », ni même les concerts de rock, moi qui aime tant le Rock n’ Roll. Je n’aime pas la « majorité », qu’elle s’exprime dans les urnes ou dans la rue, imbue d’elle-même parce que « majoritaire », précisément. Comme si le fait d’être majoritaire était forcément un gage de raison, de bon sens. À ce propos, j’aime à rappeler qu’Hitler a été élu démocratiquement et qu’une majorité de français est encore favorable, en 2018, à la peine de mort.

Cependant, je peux aimer les gens en particulier. Face à face, les yeux dans les yeux ! Voilà, c’est ça ! Quand les masques tombent ! Quand les atours des conventions sociales, urbaines, courtoises, policées, sont laissés au vestiaire. J’aime les gens quand ils sont nus, quand ils s’abandonnent, quand ils sont à bout, fatigués, quand ils n’en n’ont plus rien à foutre, quand ils sont vrais et quand, physiquement ou métaphoriquement, ils posent leur tête sur mon épaule. Et, réciproquement, j’aime aussi les gens qui m’offrent leur épaule.

Mais pas seulement ! J’aime tout autant les personnalités d’où qu’elles viennent, des antipodes comme du village d’à côté, qu’elles soient jeunes ou âgées, quels que soient leur culture, leur religion (bon… en même temps, j’ai un petit faible pour celles qui n’en ont pas. De religion, je veux dire…), leurs choix politiques (à l’exclusion, toutefois, des fachos, vous m’avez compris…), leur métier, leur niveau d’instruction… pourvu, pourvu ! Pourvu qu’elles soient capables et sincèrement heureuses de partager avec moi un petit moment de dérision dans un grand éclat de rire.

C’est mon critère de sélection, voilà… C’est ainsi. J’aime les gens aptes à se foutre de leur gueule et de la mienne, ça va sans dire. J’aime les gens qui relativisent en permanence, qui doutent de tout.  Pour finir, j’aime les gens qui apprécient, en profondeur, ces deux aphorismes de Cioran :

1) « Ce que je sais à soixante ans, je le savais aussi bien à vingt. Quarante ans d’un long, d’un superflu travail de vérification ».

2) « À vingt ans, je n’avais en tête que l’extermination des vieux. Je persiste à la croire urgente mais j’y ajouterais maintenant celle des jeunes. Avec l’âge on a une vision plus complète des choses.

Fort heureusement, il m’arrive encore de rencontrer des hommes et des femmes, qui répondent, tout ou partie, à ces exigences. Ils sont, certes, peu nombreux mais c’est ce qui fait d’eux, à mes yeux du moins, des êtres d’exception.

Alors, misanthrope, d’accord ! Mais pas que…

 

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« L’ Énarchie » absolue…

Macron ENA

Ci dessus, la photo de la promotion 2002-2004, « Léopold Sédar Senghor », à l’ENA.

En cliquant sur l’image, vous verrez apparaître, en clair, les minois d’une belle brochette de « premiers de la classe » et les noms de certains d’entre eux. Dont… dont celui d’Emmanuel Macron.

Sont désignés sur la photo, Gaspard Gantzer, ancien conseiller de François Hollande puis investi par la « République en marche » pour les élections législatives 2017, Frédéric Mauget, Directeur Général du Crédit Municipal, Sébastien Jallet, nommé, le 23 décembre 2017, Commissaire général délégué à l’égalité des territoires, Directeur de la ville et de la cohésion urbaine (Mazette ! Mais m’est avis que plus le titre est long, plus l’homme est éloigné du chef…), Aymeric Ducrocq, Directeur de Participations Industrie au Ministère des Finances (personne ne sait ce que ça veut dire… Lui, peut-être.), Aurélien Lechevallier, un diplomate ou quelque chose dans le genre, spécialiste des relations économiques, politiques et culturelles entre la France et les pays africains (excusez du peu !), Mathias Vichérat, Directeur général adjoint en charge du projet d’entreprise et de la communication, à la… SNCF. Tiens, tiens !

Bref, pas vraiment des smicards… La plupart d’entre eux, au doigt mouillé, comme ça, émargent entre 10000 et 20000 euros par mois. Voire plus, s’ils savent activer les réseaux que leur confèrent leur position privilégiée. Mais, c’est vrai, ils n’ont pas, comme les agents SNCF, la sécurité de l’emploi. Ça, c’est vrai ! Ils ne sont pas à l’abri d’un changement brutal de majorité ou de la désaffection soudaine de l’opinion à leur endroit et, donc, de leurs mentors politiques. Les bannis de la République sont nombreux depuis 1958 cependant, à ma connaissance, aucun n’a pointé au chômage après son éviction.

Pour exemple, ce petit cercle d’amis de promo tient aujourd’hui les rênes du Pouvoir en France. Mais d’autres énarques avant eux, issues d’autres promotions antérieures, ont fait la même chose. Et ce, depuis 1945, date de la création de l’ÉNA par De Gaulle ! Certains ont été ministres, Secrétaires d’État, Directeurs de cabinet, Attachés d’ambassade, Ambassadeurs, grands patrons d’entreprises publiques ou privées, privées ou publiques (tout dépendait de la direction du vent…), Directeurs de campagne, Diplomates, et j’en passe… D’autres, plus téméraires, ont affronté le scrutin populaire et ont été élus Maire d’une grande ville ou Député (souvent les deux cumulés), ou Sénateurs. Et enfin, quelques-uns, une poignée, ont atteint la distinction suprême, le Graal, j’ai nommé, la Présidence de la République. Giscard d’Estaing, Chirac, Hollande et… Macron. Faut reconnaître qu’en terme de réussite professionnelle, à l’issue de la scolarité, l’ÉNA dépasse de très loin le Lycée Georges Brassens-Courcouronnes dans l’Essonne…

Et c’est ainsi depuis plus de soixante-dix ans… Tout ce petit monde cultivant un entre-soi jalousement chéri dans les plus beaux quartiers de Paris ou des grandes métropoles françaises, s’enrichissant sereinement, avec notre travail, nos impôts et nos taxes, tout en préconisant l’austérité, la baisse des déficits publics, la casse du statut des cheminots qui bénéficieraient, à les entendre, de privilèges anachroniques… toute cette caste de nantis éhontés, donc, forme la nouvelle aristocratie républicaine. Quelques deux cent vingt neuf ans après la prise de la Bastille…

Alors, oui, c’est vrai… Les députés, les maires des grandes villes, tout ça, sont élus. Oui. Le Président, lui-même, est élu, bien sûr ! Il ne s’agit pas là de « droit divin », fort heureusement ! De même, les patrons des grandes entreprises, les hauts fonctionnaires, tout ça, n’ont pas acheté une charge au Roi ! Non, ils ont des diplômes, tout de même ! Ils ont fait des études dans de grandes écoles et par forcément à l’ÉNA, c’est vrai. Tout ça est vrai…

N’empêche… Le Président de la République, à l’instar des monarques, continue de vivre dans un « Palais ». Celui de l’Élysée, je n’invente rien. Les dîners et les déjeuners sont toujours aussi somptuaires et dispendieux pour recevoir les chefs d’État étrangers, même les moins fréquentables d’entre eux. Le Roi… heu, pardon, le Président, pourrait se rendre coupable des pires exactions qu’il ne serait pas inquiété en quoi que ce soit durant son ou ses mandats (et même après s’il est suffisamment fortuné pour se payer un bon cabinet d’avocats), bénéficiant ainsi de la même impunité, constitutionnelle, celle-ci, qu’un « Bourbon » ou un « d’Orléans ». Et puis, en transposant de manière un peu malicieuse, je veux bien l’admettre, le Président Macron à sa « Cour » comme ce bon vieux Louis XIV. Elle n’est plus assignée à résidence à Versailles, certes, mais plutôt circonscrite et contrôlée par les magnats de la Presse inféodée, parce qu’intéressée, comme les hobereaux et châtelains  de province d’antan.  Dassault, Bettencourt, Drahi, Bolloré, De Rothschild, Bouygues… Enfin, « Sire Macron » a ses bouffons, comme l’Angely de Louis XIII, en la personne d’un Stéphane Bern ou d’une Anne Roumanoff, pour seuls exemples.

Non, décidément, rien ne change. L’Énarchie républicaine, entre autres, a remplacé l’Aristocratie des salons. Une élite sociologique, validée par des processus dits « démocratiques »,  s’est substituée à une caste privilégiée et atavique de l’ancien règne. Mais le résultat est le même ! La domination, économique, culturelle, politique, d’une minorité de « bien nés » est toujours exercée sur une immense majorité de citoyens qui espèrent encore, en glissant leur bulletin dans l’urne, changer le monde ou, tout du moins, leur condition. Foutaise !

J’ai très souvent des difficultés à trouver un terme qui va bien à mes chroniques. Je pense toujours ne pas avoir tout dit, tout ça…  Je ne sais pas. Est-ce que tout ça est cohérent ? N’ai-je pas fait trop de digressions ? Entre mon propos initial et le développement qui a suivi, est-ce qu’il n’y a pas un hiatus, une perte de sens ? Bref ! Est-ce que je me suis bien fait comprendre ?

Mais bon… Aujourd’hui, je propose, de manière un peu brutale, j’en conviens, cette conclusion. Vous en ferez ce que vous voudrez.

Il n’y a plus qu’un ouvrier élu à l’Assemblée Nationale en 2017 ! (Source site Public-Sénat).

 

 

 

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